La Kabylie célèbre, tout au long de ce week-end, la fête de l’Achoura, une manifestation qui revêt pour certaines régions un caractère bien particulier. Pour la population d’Aït Khir, un village de la commune d’Aït Khelili, dans la daïra de Mekla, à l’est de la wilaya de Tizi-Ouzou, la fête a déjà commencé il y a de cela plusieurs jours. En effet, c’est dans une ambiance festive, que même les préparatifs de l’Achoura ont commencé en début de semaine. Ils ont réuni toute la population locale. Tout le monde, grands et petits, femmes et hommes ont mis la main à la pâte, afin de faire du jours « J » une journée mémorable. Dans cette région de la wilaya, la fête a débuté depuis jeudi dernier, et le coup d’envoi des festivités fut donné au niveau du Aâssas du village, Lakhemis, un mausolée bien connu et très visité par une foule chaque année plus nombreuse. Il fait très beau en cette dernière semaine du mois d’octobre, et c’est tant mieux pour les organisateurs et les villageois qui attendaient la fête avec impatience.
Cette année, même si le premier jour, jeudi, n’a pas mobilisé beaucoup de monde comme espéré notamment en début de matinée, étant donné que c’est un jour de semaine, les journées d’hier et d’aujourd’hui ont drainé une importante foule venue des quatre coins de la wilaya. Certains viennent chaque année, passer la journée et recevoir la Baraqua. Le comité de village a, cette année encore, veillé à tracer un programme riche et varié. Depuis jeudi, plusieurs activités sont proposées aux visiteurs. Ainsi, en plus de l’indispensable séance de musique proposée par une troupe d’Idheballen, le public a pu apprécier les prestations de nombreux jeunes talents sur scène.
Lakhemis, un lieu sacré et une affluence record
Que se soit à travers la chanson, la poésie, les pièces théâtrales, les chorales locales et d’autres venues d’Akbil, les spectateurs ont tous pu satisfaire leurs goûts. Hier, en début d’après-midi, on enregistra le passage à Aït Khir de certaines figures connues du milieu artistiques. Ce fut le cas du comédien Ammoura Mouloud, plus connu sous le nom de Qaâqi, alors que la rumeur de l’apparition sur scène de Samir Sadaoui avait déjà fait le tour de l’assistance de plus en plus importante. L’Achoura qui a toujours été synonyme de partage et d’entraide en Kabylie, demeure une opportunité pour faire régner l’égalité entre les gens du village, notamment en faisant revivre une des plus anciennes pratiques de la région. Il s’agit de Thimechret. Pour Aït Khir, il s’agit d’une tradition qui marque le dixième jour de Mouharem, premier mois de l’an Hégirien, même si on y a recours en d’autres circonstances, comme lors de l’Aïd Al Adha. Mardi dernier donc, Sept (7) veaux ont été sacrifiés. La viande a par la suite été répartie entre les foyers selon les rites ancestraux, à savoir, une part pour chaque membre de la famille. Grâce à cela, la veille de la célébration, chaque famille, aussi modeste soit-elle, a droit à un repas copieux, un couscous royal bien garni de viande, pour accueillir l’Achoura. Le jour de Ziyara (pèlerinage), pratiquement toutes les familles se présentent au mausolée de Lakhemis avec un plat de couscous, destiné aux étrangers. C’est dire que toutes les conditions sont réunies à Aït Khir afin de permettre à tout le monde de passer un bon moment de joie et de convivialité en rêvant déjà à la fête de l’année prochaine.
Tassadit. Ch.
