1re partie
«Amachahou rebbi ats iselhou Ats ighzif anechth ousarou» (Ecoutez, que je vous conte une histoire, Dieu fasse qu’elle soit belle, longue et se déroule comme un long fil).
Celui qui ne met pas dans sa tête les recommandations de ses parents peut le payer un jour ou l’autre chèrement. C’est l’histoire d’une transgression commise par les enfants que nous allons vous conter maintenant, à travers ce conte du terroir dont on peut tirer plusieurs leçons.Il était une fois un vieillard que la nature n’a pas gâté en ne lui donnant que des filles. La descendance mâle n’était pas venue de même que les prétendants au mariage, le vieillard est désespéré.Il aurait aimé marier toutes ses filles avant d’entamer le long périple qui doit l’emmener à pied à la Mecque, mais il doit se rendre à l’évidence si on peut marier des garçons comme on veut ce n’est pas le cas pour les filles. Elles peuvent être demandées en mariage, mais ne peuvent demander des mains. Les us et coutumes sont ainsi !Avant son départ pour une durée d’un an, le vieillard ramène pour ses filles des provisions afin qu’elles ne sortent pas de la maison.Pour leur éviter des ennuis, il leur recommande de s’enfermer et de n’ouvrir à personne sauf à lui. Le jour de son retour il doit se signaler à ses sept filles, en leur jetant par-dessus le mur d’enceinte sa canne et son turban.Quand elles se seront assurées que c’est bien leur père qui est revenu elles pourront sans crainte ouvrir la porte de leur demeure. Le père insiste beaucoup sur ce détail. Ses filles le rassurent et lui promettent de suivre à la lettre ses recommandations. Une fois tout réglé c’est l’âme pleine de sérénité qu’il part vers les lointaines terres d’Arabie. Les sept jeunes filles laissées enfermées suscitent la convoitise des grands garçons, qui voudraient bien s’inviter chez elles à la maison. Beaucoup ont tenté mais n’ont pas réussi. Un jour, en discutant entre eux à propos des insaisissables filles, en jeune ogre (Ouaghzen) qui a la faculté de se métamorphoser en homme se vante de pouvoir les approcher.L’assistance présente se moque de lui, et quelqu’un lui dit :Ouaârent thoullas agiOur-d ledinet tabbourthOula i thmet’touth !Ces filles sont duresElles n’ouvrent pas leur porte même à des femmes comme elles !Le jeune homme relève le défi, crâneur il leur dit :-Je vais réussir là où tout le monde a échoué !Un rire sarcastique répond à ses prétentieuses assertions.L’ogre, en rentrant chez lui, élabore un plan. Dès le lendemain il se présente déguisé en femme chez les sept filles. Il arbore des bijoux en or et en argent. Il frappe à leur porte, dès qu’elles demandent qui c’est, il leur dit : Nek d’khalteth k’ountEldith thabbourt enk’ountJe suis votre tante maternelle. Ouvrez-mes filles n’ayez crainte !
A suivreBenrejdal Lounèsbenrejdallounes@yahoo.f
