Les habitants du village Tisseghit (les amandiers), dans la commune de Seddouk, ne savent plus à quel saint se vouer. Ils vivent dans des conditions déplorables depuis plusieurs décennies et si disent faire face « à l’indifférence des autorités locales qui continuent à nous ignorer, malgré les moult démarches effectuées » par leurs notables. « Nous avons porté à la connaissance aux président de l’APC et aux chefs de daïra qui se sont succédé nos difficultés quotidiennes en matière d’assainissement, de pénuries d’eau potable, de routes non goudronnées et des chutes récurrentes de courant électrique. Nous n’avons pourtant pas demandé la lune, mais juste notre droit absolu à bénéficier d’une part du budget alloué par l’Etat à notre commune. Nous demandons juste des projets indispensables qui nous assureront une vie meilleure dans notre village où vivotent une cinquantaine de familles, un village qui accuse un retard considérable en matière de développement. Nos responsables ne nous rendent visite que lors des campagnes électorales quand ils viennent nous promettre de faire de notre bourgade un paradis terrestre mais une fois élus, ils oublient leurs promesses », fera savoir Ait Mesghat Abdenour, l’un des notables.
Eaux usées à ciel ouvert, routes dégradées …
Dans la foulée, notre interlocuteur évoquera certains des problèmes que rencontrent les villageois, tel celui d’une conduite d’assainissement des eaux usées : « Combien de fois je me suis déplacé à l’APC pour demander un projet d’assainissement des eaux usées. Des démarches qui durent depuis cinq ans. J’ai signalé une fosse sceptique à laquelle sont branchées trois familles et qui est pleine depuis deux ans. Ses eaux usées débordent et ruissellent jusqu’aux parcelles des voisins. C’est un cas d’extrême urgence que l’APC ne veut pas prendre en charge malgré les risques de maladies qui planent », a souligné notre interlocuteur. Il mettra également l’accent sur les routes qui sont dans un piteux état : « Nos routes n’ont jamais reçu la moindre couche de bitume, de béton ou de TVO. Nous sommes en 2012 et nous continuons à marcher sur la gadoue en sortant ou en rentrant chez nous. Un membre de l’APC s’est même indigné en constatant, lors de sa visite à notre bourgade il y a deux ans, que nos routes avaient l’allure de pistes agricoles que seuls les tracteurs pourraient emprunter. Il a promis de faire part de notre doléance au maire et de le forcer à nous accorder un projet d’aménagement des chaussées ou du moins l’étalage d’une couche de TVO. A ce jour rien n’a été fait », déplore ce notable.
25 jours sans eau et des habitations sans électricité !
Notre interlocuteur mettra également en exergue une pénurie d’eau qui dure depuis 25 jours, signalant que les services des eaux de l’APC ont été mis au courant et qu’ils ne se sont nullement inquiétés : « nous avons déjà demandé un projet pour le remplacement de la conduite principale, usée et saturée de fuites, par une neuve, mais l’APC n’a jamais accédé à notre demande. Et voilà que ce que nous craignions est arrivé. C’est le désert à Tisseghit, les robinets sont à sec depuis 25 jours », se lamente le notable. La SONELGAZ aussi est pointée du doigt, suite à des demandes faites par les nouveaux arrivants qui ont construit à Tisseghit. Ces derniers attendent toujours leurs branchements en courant électrique : « Notre village se développe à une grande vitesse en matière d’habitat. Beaucoup de citoyens ont construit des logements dans le cadre des aides à l’habitat rural. Ayant formulé des demandes pour avoir de l’énergie électrique, la sonelgaz tarde à effectuer les branchements nécessaires. Beaucoup d’entre eux habitent leurs logements et s’éclairent à la bougie. Nous n’avons aucune épicerie dans notre village, aussi sommes-nous contraints de faire des kilomètres pour aller chercher la bouteille de gaz dans une brouette ou à dos de mulet. Nous habitons à quelques 1000 mètres d’altitude, ce qui fait que nous gelons en hiver. Mais allez faire comprendre cela à nos responsables qui ont entamé les travaux de branchement en gaz de ville les villages situés dans la plaine au détriment de ceux situés en haute montagne. Nous savons que nous serons les derniers à être servis en gaz naturel ».
L’innocence mise à rude épreuve !
Notre interlocuteur a ensuite abordé la scolarité difficile des enfants qui font un kilomètre à pied pour rejoindre leur école, obligés d’emprunter les accotements de la RN 74 où ils sont exposés quotidiennement aux menaces des accidents de la route : « Pour rejoindre leur école, nos enfants marchent sur les accotements de la RN74, très dense en circulation automobile. Face à ces dangers potentiels qui guettent les écoliers, aucun dos-d’âne ni plaque de signalisation n’ont été installés sur ce tronçon. Pire encore, cette école qui date de 1905 est dans un état lamentable avec des sanitaires bouchés, des tuiles de la charpente du préau cassées et non remplacées, risquant à tout moment de tomber sur les têtes des élèves. Un trou béant de plus de quatre mètres est laissé tel quel sans clôture, et un élève y est tombé l’année passée. Le malheureux s’en était sorti avec une blessure à la tête et une fracture à la jambe », a ajouté notre interlocuteur, parent d’élèves. « Nous devons attendre l’installation de la nouvelle APC pour lui exposer nos problèmes. Tous les candidats qui nous ont rendu visite nous ont promis monts et merveilles. Je crains juste qu’ils ne soient comme ceux qui les ont précédés, maintenant qu’ils sont élus…
L. B.

