Marche pour Tamazight obligatoire

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Prévue à 10 heures, la marche ne s’ébranlera qu’aux environs de onze heures, dans la matinée d’hier. Ce retard dans le timing était dû au temps «accordé» aux retardataires qui devaient affluer de la région Est.

Rassemblé devant le portillon de l’université Mohand Oulhadj, le premier noyau de protestataires meneurs procédait à l’ajustement  de la feuille de route. Les étudiants du département de langue et culture amazighes, eux, étaient rassemblés à l’intérieur du campus  et n’attendaient que le feu vert pour battre le pavé de la contestation. En attendant, fanion de Kabylie et banderoles revendicatives  étaient déjà déployés. Onze heures passées, et sur fond de « tamazight obligatoire ! », les marcheurs se mettent en mouvement. Deux escales étaient prévues dans leur itinéraire : l’une devant le siège de la wilaya et l’autre devant la direction de l’éducation. Ainsi, les quelques 400 protestataires longeront la rue des Frères Bensadlah, avant d’emprunter l’artère dite Doubai débouchant sur le siège de la wilaya. Pendant tout ce temps, youyous et chants empruntés à Matoub et Oulahlou agrémentaient  l’ambiance bon enfant qui régnait. Une halte sera marquée devant la maison de la culture et à une centaine de mètres du siège de la wilaya. Là « corrigez l’histoire ! », sera repris en chœur par tous. De part et d’autres de l’asphalte, les badauds marquaient une halte le temps de comprendre l’objet de la protestation. Quelques uns se joignirent même aux marcheurs, d’autres, ne se sentant pas concernés continuent leur chemin. Et c’est ainsi que le carré prit de l’épaisseur au fur et à mesure qu’il avançait. Devant le siège de la wilaya, et après une minute de silence à la mémoire  des martyrs de la démocratie, la parole sera prise par Deradj Hamid représentant du CNAET à Bouira. Il mettra en exergue « l’absence de volonté politique de lever le caractère facultatif »  et soulignera l’incohérence entre la constitution consacrant tamazight langue nationale et la réalité du terrain. Lui succédant, Azouz Mohamed, Guettaf Mohamed, tous deux enseignants, et Lamri Wahid, représentant des étudiants, abonderont dans le même sens en promettant de ne pas baisser les bras jusqu’à la levée du caractère facultatif. Pendant que l’on se succédait pour prendre la parole, une délégation sera reçue par le chef de cabinet (au même moment, le wali procédait à l’installation du nouveau président de l’APW). Dans un document remis au représentant du wali, étaient soulignées les revendications suivantes : la levée  immédiate du caractère facultatif, la satisfaction des besoins pédagogiques à l’échelle nationale, l’introduction de la licence de langue et culture amazighes dans les différents concours d’administration et la vulgarisation de tamazight, langue nationale, telle qu’elle est reconnue dans l’article 3 bis de la constitution.   A son tour, le chef de cabinet promettra « de régler cette histoire de fiche de vœux à l’échelle de la wilaya », en soulignant qu’il n’est pas question de remettre en cause  les acquis. Bien évidement, même mis en veilleuse à l’échelle de la wilaya, le caractère facultatif est toujours là telle l’épée de Damoclès. Le même scénario sera réitéré devant le siège de la direction de l’éducation. Cette halte se voulait symbolique, puisque d’aucun estiment que la problématique est d’ordre politique. C’est d’ailleurs pour cela que le CNAET prévoit une action d’envergure nationale dont la date n’a pas encore été arrêtée. A rappeler que le choix de la journée d’hier pour la marche se voulait symbolique, puisqu’elle coïncide avec la journée de la Proclamation des Droits de l’Homme.          

             

S. O. A.

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