Le torchon brûle toujours entre les greffiers et le ministère de la Justice. En effet, la fédération nationale du secteur de la justice (FNSJ) interpelle le Premier ministre afin de pousser la tutelle à ouvrir un dialogue avec les protestataires. Le conflit opposant le département de la justice et les greffiers, ne cesse de s’amplifier, notamment « suite au refus de la tutelle de mettre en place un dialogue avec les protestataires, en vue de trouver les solutions adéquates ». Face à cet état de fait, les greffiers montent au créneau et expriment leur détermination à aller jusqu’au bout de leurs revendications. La fédération nationale du secteur de la justice accorde un ultimatum de 15 jours au premier Ministre Abdelmalek Sellal pour intervenir auprès de la tutelle pour que cette dernière prenne en charge la situation socioprofessionnelle des protestataires.
« Si on n’a pas de réponse favorable à notre demande, dans 15 jours, la fédération portera plainte contre le ministère de la Justice », a affirmé hier, Mourad Ghedia, président de la FNSJ affiliée au syndicat national autonome des personnels de l’administration publique (SNAPAP), qui dénonce avec force l’indifférence de la tutelle et la non mise en place d’un dialogue avec les greffiers, comme cela a été fait avec les avocats. La fédération a pointé du doigt, également, les dépassements « illégaux » exercés contre les greffiers grévistes. « 50 greffiers ont été arrêtés abusivement par les force de l’ordre, suite à leur participation au mouvement de grève », lit-on dans le communiqué rendu public, jeudi, par la FNSJ. Le président de la fédération a fait part aussi d’une organisation mondiale, qui sera saisie prochainement, tout en refusant de divulguer son identité. Il est utile de rappeler que les greffiers ont déclenché une grève illimitée le 10 avril 2012, suivie de plusieurs rassemblements devant le siège de la tutelle à Alger. Cette action avait paralysé tout le secteur de la justice à travers le territoire national, car elle avait enregistré un taux de participation de 95%, mais en vain. Ce mouvement a été suivi, également, par une grève de faim, observée par des membres de la FNSJ, action qui a duré plus d’un mois, sans réussir à pousser la tutelle à répondre aux doléances des protestataires.
S. S.
