Les jours passent et la crise s’installe dans l’Entreprise de réparation navale de Béjaïa (ERENAV).
Depuis presque un mois, les travailleurs et la direction de l’entreprise peinent à trouver un terrain d’entente, avec comme effet, un manque à gagner pour la trésorerie de l’entreprise de l’ordre de 600 millions de dinars, a indiqué le P-DG de l’entreprise. Point de discorde entre les travailleurs et la direction: la réintégration sans condition de trois cadres syndicaux sanctionnés et « injustement » écartés des effectifs de l’entreprise. Jusqu’à présent, les deux belligérants campent chacun sur ses positions, faisant passer tous les voyants de l’entreprise au rouge ! Ulcéré le Président directeur général de l’entreprise invite, depuis Alger, les deux parties à s’asseoir autour d’une table pour trouver un accord et reprendre le travail sans tarder. « J’invite les travailleurs de l’ERENAV de Béjaïa à reprendre le travail, car l’entreprise a besoin d’eux », déclare-t-il, en promettant qu’aucun travailleur ne sera licencié. « Nous avons un cahier de charges qui requiert l’apport de tous les travailleurs, y compris les contractuels qui ont bénéficié d’une formation », explique-t-il, en promettant que les effectifs de l’ERENAV de Béjaïa seront, contrairement à ce que prétendent quelques-uns, étoffés dans les prochains jours. « Nous procèderons au recrutement d’au moins 1500 personnes pour honorer nos engagements », souligne-t-il, en sollicitant des autorités locales de Béjaïa d’intervenir auprès des deux parties en désaccord pour mettre un terme à la crise qui secoue l’entreprise. Pour le PDG de l’ERENAV, les travailleurs de la succursale de Béjaïa auraient été manipulés : « des personnes sont en train de mentir aux travailleurs », sans pour autant citer nommément une quelconque partie. Effectivement, des bruits ont couru, faisant état d’un plan social qui serait en phase d’élaboration, avec à la clef le licenciement de 190 travailleurs contractuels. Il est à rappeler par ailleurs que les travailleurs mécontents de l’ERENAV de Béjaïa sont descendus plusieurs fois dans la rue pour réclamer la « réintégration des trois syndicalistes écartés de l’entreprise, le paiement des heures supplémentaires et la qualification d’office et une revalorisation des salaires et leur alignement avec ceux de l’unité d’Alger ».
Dalil S.

