Que savent les enfants de la Révolution ?

Comme les autres grandes dates de l’histoire algérienne contemporaine : le 5-Juillet, le 19 Mars, le 20-Août et bien d’autres, le 1er Novembre est devenu une simple date, un jour férié où l’on ne va pas au travail ou à l’école. ll y a bien des émissions à la télévision, parfois des articles dans la presse, et c’est tout : le 1er Novembre n’est qu’une date ! Notamment dans l’esprit des jeunes générations qui n’ont pas connu la guerre de Libération. La question figure bien dans les programmes scolaires mais l’histoire de l’Algérie – en fait l’Histoire tout court – est si mal enseignée que les enfants ne gardent rien ou presque en mémoire. Juste des clichés : la misère au temps de la colonisation, la révolte des Algériens, 1 million et demi de martyrs ! Et quelques noms des protagonistes de cette histoire, les noms que l’on a bien voulu retenir… Le reste, c’est à dire les motivations de la Révolution, ses acteurs, son déroulement, ses phases : c’est l’obscurité ou presque… Des évènements aussi importants dans la vie des peuples, sont, sous d’autres cieux, fêtés comme il se doit : on les étudie dans les écoles, on organise des colloques autour, on publie les recherches qui s’y rapportent… Le cinéma, la littérature et la presse les vulgarisent auprès du plus large public. Des revues leur sont même consacrées ! ll est peut-être temps de faire la même chose en Algérie: c’est autour de dates comme le 5-Juillet ou le 1er Novembre que se forgera, chez les jeunes générations, le sentiment d’appartenance nationale.

S. Aït Larba