Les habitants des différents Haouchs de Bouira, visiblement las des promesses sans lendemain des autorités, ont décidé de se regrouper en association.
Cette dernière devrait, selon M. Naili, porte-parole des locataires des haouches de la rue Abane Ramdane, voir le jour dans les prochains jours et devrait englober l’ensemble des habitants des haouches de l’ancienne ville de Bouira. Mais, une question se pose d’elle-même, pourquoi cette idée d’association a trop tardé ? D’autant plus que le problème des haouches de l’ancienne ville de Bouira, dataient plus de trente ans. Est-ce par souci administratif, ou bien tout simplement, ces locataires ont enfin découvert que l’union faisait la force ?
Sur le volet administratif, il est vrai que l’ancien maire de Bouira montrait peu d’enthousiasme à s’engager pleinement dans le règlement de cet imbroglio, vieux de trois décennies. Depuis plus dix ans, le dossier des haouches des Bouira n’a pas connu une évolution, du moins du côté des élus locaux. Il aura fallu l’intervention du premier magistrat de la wilaya afin que les processus de démolition des vieilles bâtisses et le recasement des locataires commencent. Mais il semble bien que le nouveau P/APC soit plus enclin à prendre le taureau par les cornes. C’est du moins ce qu’il a déclaré récemment : « Le dossier des haouches de Bouira, est l’une de mes priorités ! Le temps des discours pompeux est révolu, il faut agir et vite ! ». Comment ? Le maire de Bouira, a rétorqué par le fait que les locataires doivent s’organiser en association dans le but de faire valoir leur droit dans un cadre légal et ordonné. Cette « directive » n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd, puisque moins d’une dizaine de jours plus tard, les locataires des haouches de l’ancienne ville de Bouira, ont décidé d’enclencher les procédures nécessaires. M. Rachid Ouchen, l’un des locataires des haouches de la rue Aïssat Idir, dira à ce sujet : « On a écrit, manifesté bloqué la route, mais cela n’a rien donné. On va se constituer en association et on verra ce qu’il en va en ressortir ». L’idée de se rassembler au sein d’une association est en soi, louable, mais c’est une première pour ces locataires.
L’APC s’engage enfin !
Il est vrai que dans la ville de Bouira il y a une abondance de petits haouches. On en recense plus de 80, datant, pour la plus part, de l’époque coloniale et, pour les plus anciens d’entre eux, de l’époque Ottomanne. En outre, les habitants de ces haouches, ne cessaient de réclamer la démolition de ces vieilles battisses qui menacent de ruine à tout instant et exigeaient leur recasement. Devant la ‘’ gouffre’’ juridique, notamment en ce qui concerne les terrains privés, dont l’appétit insatiable des certains prioritaires trouve le blocage comme le maître mot, les actions de protestation se sont multipliées, mais d’une manière sporadique et anarchique. Pis encore, poussées par la force du désespoir, certains locataires n’ont pas hésité à entreprendre des actions suicidaires, afin de faire entendre leur cri de détresse, comme c’était le cas récemment, où une mère de trois enfants a tenté de se suicider à l’aide d’une lame de rasoir, devant le siège de la daïra de Bouira. Devant ces actions l’infructueuse, il était tout indiqué pour ces locataires de se rassembler autour d’un même projet, un même but, celui d’exiger leur recasement d’une manière légale et pacifique. Selon M. Naili, l’un des initiateurs de ce projet : « Cette fois ci, on compte bien faire les choses dans les règles de l’art. Fini le temps du bricolage et des pneus. On combat l’administration par ses propres armes, à savoir la loi ». Avant d’ajouter : « Nous avons décidé à former un front uni, qui va englober l’ensemble des haouches de la ville de Bouira. A mon avis, c’est le seul moyen d’arracher nos droits. Et puis, ne dit-on pas que l’union fait la force ! ».
Ramdane B.

