La population de la commune d’Ath-Rached, à une trentaine de kilomètres au sud-est de Bouira, a célébré avec faste Yennayer 2963. C’est à M. Moussa Takhbari et Rabeh Toubbal, respectivement président et vice-président de l’APC, auxquels est revenu l’honneur d’élaborer un programme rassemblant culture et festivités. Ainsi, les festivités célébrant l’avènement de Yennayer ont donné lieu à plusieurs manifestations marquées par des exhibitions folkloriques, alors que les foyers des villageois perpétuaient les traditions séculaires fêtant le passage au nouvel an amazigh. Dans la soirée du vendredi, Firad Laïd, militant du MCB et ex-P/APC, a revisité l’histoire plusieurs fois millénaire de Tamazgha (Afrique du Nord) et disserté sur les origines de Yennayer et la dimension populaire d’une fête qui célèbre la victoire du roi berbère Chechnak sur le pharaon Ramsés. Dans une salle comble, l’orateur a fait un récit sur les principaux évènements qui ont forgé une langue plus ancienne que le grec, dit-on, qui plus est, aurait inspiré celle-ci en bien des mots qui présentent des similitudes sociolinguistiques. Dans ce sillage, a émergé également une culture dont des multiples bribes, liées à la connaissance et à l’exploitation de la terre, subsistent toujours dans toutes les contrées de notre pays et du Maghreb. Pour en revenir à la conférence, M. Firad a établi un constat, devant un auditoire très attentif, sur les politiques du pouvoir qui, par ignorance ou par complexe, répriment et marginalisent cette langue et cette culture ancestrale. Un débat fort riche s’en est, par la suite, suivi. Les intervenants ont relaté leurs souvenirs relatifs à la célébration de Yennayer. Cependant, les plus jeunes s’inquiètent sur l’aboutissement du combat pour la reconnaissance de l’identité Algérienne et l’officialisation de Tamazight. Vers la fin de la conférence, les animateurs ont marqué cet instant et invité la foule nombreuse à être témoin du début de la nouvelle année amazighe 2963. Accolades et embrassades ont été échangées et chacun a souhaité à son voisin Assegwas Amegaz. Moussa Takhbari, le maire de la localité a bravé lui aussi, le froid pour rester aux côtés de ses administrés et leur présenter en cette occasion ses vœux. Les organisateurs ont initié également, un gala artistique, qui devait se tenir dans l’après-midi d’hier au niveau du stade du village Avoulil. Des groupes musicaux et des chanteurs de la région devaient animer, ainsi, ce gala en plein air, au grand bonheur des jeunes de cette localité pour célébrer le nouvel an amazigh dans un climat de fraternité et de convivialité.
Oussama K.
