Les citoyens et les malades qui transitent par le service des urgences médico-chirurgicales de l’établissement public hospitalier de la ville d’Aïn Bessam, à une vingtaine de kilomètres à l’ouest de Bouira, reviennent souvent dégoûtés et scandalisés par les comportements négatifs, les carences et les dysfonctionnements graves qui caractérisent cet important service de santé.
En effet, il suffit juste de s’y rendre pour constater, de visu, que la situation actuelle est particulièrement dramatique et nécessite l’intervention urgente des pouvoirs publics. Déjà la première carence soulevée est l’exiguïté des lieux, le personnel médical, au même titre que les patients, doivent se plier en quatre pour se déplacer ou céder le passage. Aussi, on pourra remarquer qu’il n’y a pas de tri des malades, selon la gravité de leurs cas respectifs. Tous doivent attendre leur tour, en faisant la queue dans un couloir, très étroit et manquant d’aération, devant les deux bureaux de consultations médicales. Consultations n’étant assurées que par deux médecins généralistes qui ont du mal à satisfaire la demande sans cesse croissante. Des patients souffrant de douleurs atroces ou même ayant perdu connaissance, attendent dans le couloir dans l’indifférence générale. « C’est insupportable, je ne pourrais pas tenir, j’ai peur de vomir encore ici. C’est cela qu’on appelle service des urgences médicaux-chirurgicales d’un grand hôpital? », s’interroge une fille se plaignant d’une grippe et de maux de tête, qui attend calmement son tour pour une consultation médicale. « Ils vont me faire une injection et me dire de partir, j’en suis sûre. Je me demande ce que je fais ici. J’aurais dû aller directement chez un spécialiste privé… Je refais toujours la même erreur », lance un autre jeune, debout dans une longue file d’attente. On pourra aussi remarquer qu’il n’existe aucun agent pour veiller au respect de l’ordre. « C’est à toi de te rappeler de la dernière personne qui est arrivée avant toi. Je pense que c’est cet homme-là qui parle avec la femme enceinte», conseille un jeune à une autre femme, venue en compagnie de sa mère diabétique. A noter qu’il n’existe qu’un seul médecin spécialiste en réanimation au niveau de cet hôpital, considéré comme l’un des plus importants de la région. Le scanner, annoncé pourtant pour le mois de janvier 2012, n’est pas encore acquis pour l’établissement, même si un médecin spécialiste de l’appareil est en poste depuis deux ans déjà. Ces cas résument, en gros, l’état dans lequel se trouve cette unité de premiers soins, qui reçoit les malades de plusieurs communes de la wilaya et d’autres des wilayas limitrophes, en plus des victimes d’accidents de la circulation qui surviennent le long des RN08, 18 et 25 qui traversent la localité
Les explications du directeur de l’EPH
Le directeur de l’EPH, Moussa Messsaâd, qui nous a accueillis le jour même au niveau de son bureau, attribue ces dysfonctionnements à la pression que subit cet hôpital, à l’afflux considérable de malades, et au manque d’effectifs : « Nous avons pensé à transférer le bloc des urgences vers l’actuel bloc administratif, d’une façon temporaire en attendant l’ouverture du nouveau bloc UMC, actuellement en chantier. Avec cette opération, nous avons gagné la mise en service de plusieurs nouveaux services, tel que le service de radiologie et les deux salles d’observations ». Quant au problème de l’exiguïté du couloir, le même responsable affirme que « dès l’ouverture de ce service, nous avons émis la demande aux services CTC pour l’extension des lieux, notamment pour le couloir, mais notre demande a été malheureusement refusée, car c’est une ancienne bâtisse qui date de 1946, et elle risque de ne pas supporter les travaux d’aménagement ».
Interrogé sur le délai de livraison du nouveau bloc UMC et sur l’acquisition du scanner, le directeur a refusé d’en émettre la moindre déclaration. « Le nouveau bloc UMC est un projet qui dépend de la direction de la santé de la wilaya, de même d’ailleurs pour l’opération d’acquisition du scanner, donc je ne pourrais émettre la moindre date quant à leur réception ».
Oussama K.

