La Maison de jeunes a abrité dans la matinée d’hier le premier grand meeting de la liste indépendante conduite par Smaïl Mira, dénommée « El Moussalaha », après quelques sorties de proximité dans les quartiers populeux de la cité. Près de 300 personnes à l’intérieur de l’immense salle et beaucoup plus à l’extérieur ont eu droit à la présentation des candidats représentant les quartiers et les catégories sociales dominantes de la commune, avec une nette prédominance des enfants du Sof-Gwada, le clan des familles « d’en-bas ». Tout comme elles ont écouté l’avocat Smaïl Djerrada, le deuxième de liste, décliner les grands axes du programme concocté pour le mandat de 18 mois. Smaïl Mira, impatient de régler ses comptes avec le FFS, a donné la parole à M. Barache, l’ex-directeur de l’agence foncière qui a révélé « ses vérités » sur les blocages du lotissement de certains terrains, l’affaire Khalifa, l’extension du cimetière,l’assiette de terrain de la future mosquée et d’autres. L’ex-maire a ensuite dans son style facétieux éclairé la lanterne des citoyens sur les motivations de son retour que d’aucuns expliquent par un ardent désir de revanche, notamment envers ceux qui auraient commandité la démolition de la statue de son père, le Chahid commandant Abderahmane Mira, lors des événements du printemps 2001. « Je ne suis pas un revanchard », dira-t-il, « je suis revenu pour reconstruire ce qui a été détruit par la violence et moderniser notre commune ». Abordant la question de l’assassinat du jeune Hamza Ouali lors des manifestations qui ont suivi l’assassinat de Matoub Lounès. L’ex-DEC de Tazmalt dira « On m’accuse d’être un criminel alors que je n’étais pas sur les lieux au moment du crime », et d’ajouter : « Je n’ai pas de haine envers mes accusateurs », avant de décliner toutes les entrées dont il jouit au sein du pouvoir central d’Alger. « Ce n’est pas des fils que j’ai avec les généraux, les ministres et les grands décideurs, ce sont des cordes. Votez pour moi et la commune aura tous les budgets nécessaires ». Il reprendra par la suite toutes les promesses du FFS pour les démolir méthodiquement les unes après les autres. « Je vous donne rendez-vous le 21 au stade, soyez nombreux ». Contrairement au candidat du FFS qui a évité d’écorcher Smaïl Mira, ce dernier ne s’est pas privé de tirer à boulets rouges sur le parti de Hocine Aït Ahmed, adversaire politique et rival classique de toujours.
R. O.
