C’est le Dr Kamel Bouamara, du département de la langue et culture amazighe de Béjaïa à qui échoit l’inauguration, ce matin à Tizi Ouzou, du séminaire sur la littérature amazighe de l’oralité à l’écriture. Onze universitaires interviendront lors de cette rencontre de deux journées qui aura lieu à la maison de la culture Mouloud-Mammeri et organisée par la Direction de l’enseignement et de la recherche du Haut Commissariat à l’amazighité. Kamel Bouamara, qui a soutenu sa thèse de doctorat il y a quelques mois, tentera de répondre à la question suivante : « Où en est actuellement la littérature algérienne d’expression amazighe : le cas du Kabyle ». Ce spécialiste constate que les textes littéraires d’expression kabyle, circulant entre les individus aujourd’hui, sont à la fois nombreux et divers, et il en est de même pour les voies qu’ils empruntent pour parvenir aux divers récepteurs. « Nous ne sommes plus à l’époque où la littérature d’expression kabyle, voire berbère, était « purement orale. Cette littérature, phénomène de communication, au moins, il s’agit du passage à l’écrit, d’une part et de la médiatisation d’autre part », estime Kamel Bouamara pour lequel, grâce à l’impact de ces derniers et leurs investissements des plus massif par les artistes kabyles, la configuration littéraire kabylophone s’est renouvelée et diversifiée tout uniment. Ce séminaire est l’occasion propice pour évoquer scientifiquement la production littéraire de Mohand Ouyahia (Mohia). L’universitaire Arezki Graine, évoquera le poète et l’écrivain de langue kabyle que fut Mohia. Pour Graine, dans le cadre de cette manifestation, consacrée à la littérature berbère de Kabylie, il était naturel que l’on évoque le producteur le plus prolifique et le plus universaliste que la Kabylie ait jamais compté : « Je veux parler de Mohia qui nous a quittés le 7 décembre 2004, en transmettant un flambeau qui illuminera longtemps encore la voie du développement de notre culture et de notre langue ». Sur Mohia, un travail biographique bien documenté a commencé à être élaboré par l’universitaire Saïd Chemakh. Pour la première fois depuis la création du HCA, un enseignant de l’INALCO est convié à prendre part à une manifestation culturelle de cette institution, en la personne de M. Améziane. Ce dernier parlera de l’interaction de l’oralité et de l’écriture dans la néo-littérature. Pour M. Améziane : « Lorsqu’on analyse la production romanesque kabyle, les premières choses que l’on ne manque pas de voir sont des marques textuelles qui nous interpellent parce qu’on les a déjà vues, à dire vrai, écoutées dans un autre contexte, dans un régime qui leur a donné naissance : celui de l’oralité ». Ce chercheur constate qu’il existe depuis les années 1990, une nouvelle poésie porteuse de caractéristiques nouvelles formelles inconnues jusque-là dans la littérature amazighe et à l’inverse de ce qu’on trouve dans les textes romanesques, il s’agit de traces déjà vues, donc lues ailleurs dans des textes écrits. Aujourd’hui, les universitaires, qui interviendront sont : Kamel Bouamara, M. A. Haddadou, Abdelhamid Bourayou, Amar Nabti, Nadia Berdous et Malika Koudache.
Aomar Mohellebi
