Chanson Youvassine gravit les échelons grâce à sa volonté et son talent – Doucement, mais sûrement…

Dès son plus jeune âge, Youva témoigne d’un goût et d’un talent certains pour le chant, évidemment confiné au genre

folklore kabyle (la grande influence régionaleaidant).

Il fait un temps parti, avec trois de ses amis, d’un groupe judicieusement baptisé ITRAN (les étoiles), par la suite. Adolescent, le jeune  Youva décide d’embrasser une carrière en solo, suite à la dissolution du groupe, faute de moyens et du temps. Il n’avait que vingt ans, lorsqu’en 1989 Youva chantait déjà les affres de la séparation, la misère quotidienne des villageois et la mélancolie, rimées merveilleusement bien dans la chanson «Agugil», qui porte d’ailleurs le nom de son premier album qui rencontra un succès fabuleux. Un album bien accueilli par le public mélomane, malgré le choix du chanteur préférant le verbe aux rythmes de la musique dansante et festive qui a caractérisé cette période. L’artiste, excellent dans l’écriture et l’interprétation des romances, adopte une douceur dans le style, dont il ne s’émancipera que rarement par la suite. Le chanteur, qui a ajouté un « sin (II) » à son nom de scène, explose. Il devient une star aux yeux de sa région. Youvassine, pourtant, voit au-delà de la sphère régionale, ses premiers contacts avec l’industrie du disque et le succès de son album lui ont donné l’envie de conquérir un public plus large encore, mais  à l’instar de tous les débutants, Youvassine connaîtra les aléas de l’art avec ses hauts et ses bas. Le manque de moyens pour l’enregistrement et la promotion de ses produits l’a un peu découragé. Doucement, mais sûrement, et malgré les habituelles difficultés que rencontrent la plupart des artistes auprès des éditeurs, le jeune chanteur, armé de courage et de volonté gravit et surpassa ces peines et parvint à se frayer un nom dans un monde qu’il découvre béotien. Fidel à son style, l’artiste produira plu tard, trois autres albums. «Au début de ma modeste carrière, j’ai été confronté à des problèmes d’enregistrement, surtout que la crème de nos musiciens ont quitté le pays pour des raisons que tout le monde connait et pour la promotion de mes produits, il n’était pas facile pour moi de faire mon entrée dans la scène artistique. J’ai préféré chanter avec mon style qui n’était pas en vogue pour subir ensuite les conséquences que de faire danser le public à contre cœur. Grace à l’amour que j’ai pour la chanson et au soutien de mon propre public, j’ai continué à travailler et à produire», nous dira le chanteur, qui continue, aujourd’hui, à fredonner fidèlement dans son style, alliant superbement verbe et mélodie. Youvassine est d’un esprit créatif. Il développe ses dons à travers différentes formes d’art. Il est à la fois musicien, compositeur, arrangeur et vannier ! Sa musique est devenue belle et harmonieuse, et sa poésie est riche et généreuse. Youvassine découpe la réalité l’ordonne à sa manière, en lui donnant une nouvelle réalité insoupçonnée. Tout se devine et s’invente en l’écoutant chanter. Parallèlement à la chanson, l’artiste se consacre à la vannerie. Un choix non seulement artistique, mais aussi un gain pain. En effet, pour gagner sa vie, Youvassine s’est lancé dans la production artisanale. Pour gagner sa vie, il manipule remarquablement ses doigts pour donner naissance à des objets d’art magnifiques. Des objets qu’il espère voir un jour « exposés à l’occasion d’un évènement festif et artistique dans un endroit d’art et de culture et non pas dans un centre commercial pour donner à ces œuvres leur véritable vocation », nous dira l’artiste. Enfin, prémices d’une belle carrière, ses œuvres sont l’écho d’une lignée où l’art a toujours été de bon ton, réservé affable et secret. Youvassine séduit par sa modestie et sa gentillesse.

Bassaid khiari