L’insécurité hante la population

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Qui sont ces hommes qui, chaque matin, le cabas sur le dos, se dirigent vers la ville et empruntent le chemin inverse, avant la tombée de la nuit ? Ce ne sont pas des trabendistes mais des commerçants qui trimballent, chaque soir, une partie de leur matériel de peur qu’il ne soit volé, durant la nuit. Ceux-là, sont ceux qui ont la chance de pouvoir déménager leur matériel, peu volumineux car la plupart des autres ont élu domicile dans leur magasin et y passent leurs nuits, la peur au ventre et à l’affût du moindre bruit suspect. C’est le cas de Makhlouf qui s’indigne : “Que faire d’autre ? Même si c’est au péril de nos vies, nous sommes obligés de défendre nos biens”. Si l’assaut dont vient faire l’objet la Banque de développement local, à coups de bombes, a eu un effet retentissant vu la manière dont il a été exécuté, il ne doit pas occulter tous les vols ou tentatives de vols avortées devenues monnaie courante ces derniers temps. Après la librairie cambriolée la semaine passée, c’est au tour d’un magasin d’électroménagers d’être attaqué dans la nuit de mercredi dernier. Cependant, les riverains, alertés par le bruit, ont vite fait de dissuader les voleurs en les bombardant de bouteilles, du haut de leurs balcons, les obligeant par conséquent à battre en retraite. Au lendemain du coup de force contre la BDL, nous avons pu remarquer la branle-bas de combat des serruriers, entrain de renforcer les portes métalliques des boutiques en installant des serrures supplémentaires (nous en avons compté six chez un libraire).Ceci démontre la psychose qui règne ces temps-ci dès la tombée de la nuit dans une ville réputée tranquille et qui, ces jours-ci bascule dans l’insécurité. En attendant que les services de sécurité redonnent confiance aux citoyens, les commerçants s’organisent à leur manière pour faire face ensemble à toute agression dont serait victime un des leurs.

Nacer B.

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