Les habitants du village Tala Khelil, situé dans la localité de Béni-Douala, à 17 kms au sud-Est du chef-lieu de Tizi-Ouzou, ont, en effet, observé dans la matinée d’hier, un sit-in devant le tribunal de Tizi-Ouzou, en guise de soutien à la famille d’un jeune homme, âgé de 25 ans, disparu depuis une douzaine de jours, mais également pour dire leur ras-le-bol face au climat d’insécurité qui règne en Kabylie ces dernières années.
La victime, Ali Laceuk a disparu le 22 février dernier. « Il était sorti de chez lui pour aller à la rencontre d’un individu qui venait de l’appeler au téléphone. La personne devait l’aider dans ses démarches de demande de visa, » selon un membre de sa famille. Mais depuis, Ali ne reviendra point chez lui et n’a plus donné signe de vie. « Aucune nouvelle ne nous est parvenue. « Nous sommes allés à la police qui nous a remis le relevé de ses derniers contacts téléphoniques. L’ultime numéro affiché sur le relevé appartient à une personne que nous connaissons et dont nous sommes quasiment surs qu’elle est liée à cette disparition», expliquera un membre de la famille de la victime. Notre interlocuteur poursuit : « Ali connait le frère de cet individu qui habite en France. Ce jour là il devait le voir pour une affaire de visa. Cet homme lui avait expliqué qu’il connaissait une personne à l’ambassade de France qui pourrait lui faciliter l’obtention d’un visa vers l’Europe. Nous avons interpellé cette personne, puis nous l’avons remise aux services de sécurité de Béni-Douala, et par la suite il l’ont transféré à la sûreté de Tizi-Ouzou ». En effet, le prévenu répondant aux initiales M. B. et surnommé Mohand, a comparu, hier matin, devant le procureur prés le tribunal de Tizi-Ouzou. Mais faute de preuves, il a été relâché en fin de matinée. Ce qui a engendré la colère des citoyens de Tala-Khelil qui ont tenté d’investir à le tribunal. Ils seront néanmoins empêchés par les services de sécurité qui se trouvaient sur les lieux. « Non seulement nous n’avons pas de preuves qui l’inculperaient, mais de plus, nous n’avons pas le droit de le garder plus de 24h », explique une source judiciaire. « Nous aurions aimé qu’ils gardent encore cet individu et qu’ils le débriefent jusqu’à ce qu’il donne plus de détails, car comme je vous l’ai dit, nous sommes surs qu’il a avoir quelque chose avec cette disparition, et il en sait plus qu’il ne dit. Les autorités nous ont dit qu’ils n’ont pas le droit de le retenir en détention plus de 24h », conclut un parent de la victime. Quand à l’une de ses sœurs, rencontrée à l’intérieur du tribunal de Tizi-Ouzou, elle dira, les larmes aux yeux : « nous voulons juste savoir où est notre frère et s’il va bien ».
Samira Bouabdellah

