Béjaïa : Projet d’exploitation de la mine de zinc-plomb d’Amizour – Encore au stade des procédures !

Otage d’interminables  procédures, le projet d’exploitation du gisement de zinc-plomb d’Amizour, dans la wilaya de Béjaïa, continue de susciter moult interrogations. Offert en concession à la société Terramin Australia Limited, le gisement reste à ce jour inexploité au point de faire réagir l’ancien Premier ministre, Abdelmalek Sellal. Celui-ci a, au cours de sa visite, en avril 2013 dans la région, interpellé le ministre de l’Energie et des Mines sur les dessous d’un sous-sol riche en minerais resté des années durant, inexploité. « Qu’attendent ces Australiens ? Ils ne détiennent tout de même pas le ciel. Il faut trouver des solutions à ce problème», avait enjoint alors Sellal à son ministre de l’Energie. Dernièrement, le directeur de l’énergie et des mines de Béjaïa, Omar Sebaâ,  nous a confié (lire la Dépêche de Kabylie du 5 avril 2014) que : « Le  projet d’exploitation de la mine de plomb et de zinc d’Amizour demande un temps de maturation. En tout cas, il faut savoir une chose, le projet est toujours d’actualité et il n’a jamais été question d’abandon. L’entreprise australienne et la partie algérienne, intéressées par l’exploitation de la mine, n’ont pas encore déposé leur demande d’exploitation, conformément à la loi 01/10. Les textes permettent à cette entreprise de faire appel à d’autres sociétés pour l’accompagner dans l’exploitation de la mine. C’est tout le monde qui s’intéresse à ce gisement dont l’exploitation exigera une grande étude d’impact sur l’environnement ». Le premier responsable du secteur de l’énergie et des mines, dans la wilaya de Béjaïa, faisait vraisemblablement allusion à l’accord conclu en décembre 2013 entre le minier Australien Terramin, actionnaire majoritaire dans la joint-venture Western Mediterranean Zinc (WMZ) et  l’entreprise chinoise NFC (China Non-Ferrous Metal Industry’s Foreign Engineering and Construction Co., Ltd). L’accord en question prévoit le réexamen par les Chinois de l’étude de faisabilité réalisée par Terramin, en février 2010, tout en lui fournissant une assistance technique au sujet de la méthode d’exploitation du gisement. Alors que l’opérateur australien préconise le recours à une exploitation de la mine à l’air libre, c’est-à-dire en utilisant la méthode dite de foudroyage en masse, l’administration minière algérienne préfère celle des tunnels. Un point de discorde, porté en mai 2013 devant la Chambre de Commerce, à Paris, pour arbitrage, avant sa suspension quelques mois plus tard, entre l’opérateur minier Terramin Australia Limited et son partenaire algérien dans la joint-venture Western Mediterranean Zinc, l’Entreprise Nationale des Produits Ferreux et des Substances utiles (ENOF), qui explique les retards accusés dans la mise en exploitation de la mine de Zinc-Plomb d’Amizour. Dans un communiqué publié dernièrement, sur son site, le minier australien précise que « l’accord signé avec NFC vient de consacrer une série de discussions avec nos partenaires dans la  joint-venture : le Gouvernement algérien et NFC. Ces discussions ont mis en évidence la volonté de toutes les parties à faire avancer le projet et à poursuivre l’objectif du gouvernement algérien de diversification industrielle, de la création d’emplois et de développement économique ». Pour entamer ce processus, les différentes parties ont convenu de procéder à l’organisation d’un atelier technique afin de déterminer le plan de travail pour la NFC. Cette dernière a également accepté de mettre à jour l’étude de faisabilité définitive, en tenant compte des résultats de leur examen. En contrepartie, Terramin a accepté de mettre au profit de NFC, 12 millions d’actions ordinaires à la signature de l’accord de coopération technique et jusqu’à 26 millions d’actions ordinaires supplémentaires à la fin de chaque étape de son exécution. Une fois mis en exploitation, WMZ compte créer pas moins de 400 postes d’emplois permanents et entre 1500 et 2000 emplois indirects. Les ressources du gisement de Tala Hamza sont estimées à près de 69 millions de tonnes par Terramin. La joint-venture Western Mediterranean Zinc détenue à 65% par la compagnie australienne Terramin, 32,5% par ENOF et 2,5% par ORGM, faut-il le rappeler, a obtenu la licence d’exploitation en 2006. Le gisement de plomb et de zinc d’Amizour, d’une étendue qui couvre 154 km2, selon les responsables de Terramin, est l’un des plus « importants gisements» au monde. Une fois les travaux de développement accomplis, pronostique-t-on, la mine produira, dans un premier temps, 125 000 tonnes de concentré de zinc et de plomb par an, qui sera acheminé entre autres, vers la raffinerie de Ghazaouet. Depuis l’ouverture du secteur minier à l’investissement privé en Algérie, les concessions concernaient des gisements de petite ou moyenne taille. Au début des années 2000, une nouvelle loi a été adoptée à l’APN, déterminant de manière précise la catégorie des minerais stratégiques et la taille des gisements pouvant être offerts en concessions aux opérateurs du secteur privé notamment étrangers. Pour les gisements recelant d’importantes réserves, la loi, amendée en janvier dernier, permet seulement le partenariat entre une société publique algérienne et un promoteur étranger et/ou un promoteur privé. Dans le cas du gisement d’Amizour, il s’agit tout simplement d’un partenariat à « 65% défavorable à notre pays » d’où la nécessité de revoir tout le dossier.

Dalil S.