La Dépêche de Kabylie : Pouvez-vous nous présenter votre club ?ll Le Club Sportif Amateur de la Jeunesse Sportive de Mizrana a vu le jour le 12 décembre 1998 et ce, sur l’initiative d’un groupe de jeunes de cette localité. Nous avons ensuite lancé plusieurs sections. En premier lieu, le karaté-do et le taïkwendo; le football qu’on pratique seulement d’une manière occasionnelle. Le boulisme, nous n’avons pas pu le pratiquer faute de moyens. Quant à l’athlétisme, une section a vu le jour. Elle a participé à plusieurs compétitions avec une trentaine d’athlètes, mais hélas, celle-là aussi a été contrainte de cesser d’exister pour cause de manque de moyens, et ce, au bout de trois ans d’activité.De nos jours, la seule rescapée de toutes les sections que compte le club est celle du karaté-do.Le point de départ de cette section était dans une école primaire, exactement celle du village Aït Saïd, où nous avons commencé à former un groupe d’écoliers. Depuis, les conditions de travail n’ont pas changé. Nous faisons les entraînements dans une salle de classe vétuste et très mal aménagée, et nous ne comptons dans le groupe que des enfants et des adolescents et ce, par manque de moyens toujours.Nous avons demandé des infrastructures aux autorités locales et à la DJS. Ils ont lancé un projet d’une salle polyvalente. Une seule partie de ce projet a été seulement réalisée avec un taux ne dépassant pas les 20%. Près de trois ans après, le projet est toujours à l’arrêt, et cela nous touche profondément.En karaté-do, nous avons près de 70 athlètes de différents âges et toutes disciplines confondues. Trois communes, à savoir Boudjima, Ouaguenoun et Mizrana travaillent sous l’égide de notre club et dont j’assume la grande partie de la tâche allant de l’entraînement jusqu’à l’encadrement, et même sur le plan du financement, je dois faire face.
Quel est le palmarès de votre club ?ll Malgré le manque de moyens, nous avons réalisé des résultats importants et encourageants. Le premier titre, nous l’avons eu à Tigzirt en 1999. Depuis, nous avons pu faire la collection d’une cinquantaine de titres de différents niveaux. A titre d’exemple, l’année écoulée, nous avons eu le titre de vice-champion d’Algérie en kata et 5e place en cumité et ce, dans les catégories filles, cadettes, juniors et séniors.Au niveau de la wilaya, nous avons eu la première place individuelle. En kata, la 1re place en régional etc… Nous espérons avoir plus de résultats. Ce qui est important pour nous aussi c’est la performance et le grade.
En plus de celles déjà citées, quelles sont les autres difficultés auxquelles votre club est confronté ?ll En plus de l’absence d’infrastructures adéquates, je me retrouve au four et au moulin dans la prise en charge du fonctionnement général du club. Les subventions sont rares et très insuffisantes par rapport à nos besoins. On fonctionne toujours avec des dettes que nous contractons chez des tierces personnes. Comme je l’ai dit à Mizrana, nous exerçons dans une salle de classe vétuste, non aménagée. Le constat est le même à Boudjima et à Ouaguenoun. Malgré qu’il y a des salles dans ces localités, nous sommes confrontés à l’absence de conditions minimales pour l’exercice de notre discipline, tels que les miroirs, les tapis etc.
Quelles sont vos perspectives ?ll Nous travaillons malgré tout pour avoir le maximum de titres et de grades dans notre club. Nous travaillons aussi dans le sens de création d’autres disciplines et faire adhérer à notre club, le maximum de jeunes.
Et pour conclure…ll Au CSA de Mizrana, nous endurons beaucoup. Mais, ce qui m’inquiète c’est l’indifférence des autorités et d’autres envers la jeunesse. Chacun de nous a quelque chose à donner. La contribution de tout le monde, pour cet idéal qui est la jeunesse doit être au rendez-vous. Je lance un appel, particulièrement aux autorités, qui sont d’ailleurs bien placées pour nous aider, et attirer leur attention, car notre mission ne se limite pas à l’exercice du sport, mais au-delà. Elle est aussi une éducation morale, un bouclier contre tous les fléaux qui guettent notre jeunesse.
Entretien réalisé par Mourad M.
