Plusieurs patients, notamment les plus démunis, nous ont exprimé leur désarroi face aux coûts des analyses médicales pratiqués dans les laboratoires privés.
«Je ne peux pas me permettre des analyses dans un laboratoire privé à plus de quatre mille dinars (4000 dinars), alors que je n’ai aucune couverture sociale », se plaint une vieille dame. Une autre qui possède pourtant la carte « Chiffa », nous confie que « Même avec la carte « Chiffa », les analyses ne sont pas totalement remboursées. Il ne nous reste, que le laboratoire d’analyses médicales de l’hôpital. Or, ce dernier ne reçoit plus, depuis plusieurs mois, les patients », nous confie notre interlocutrice qui a tenu à nous montrer son ordonnance qui lui reviendrait à pas moins de trois mille cinq cents dinars (3 500 dinars) chez le privé. En effet, lorsque nous nous sommes présentés au niveau du laboratoire de cet EPH, le chef de service confirmera qu’au vu du grand nombre de demandes quotidiennes qui avoisineraient les 150, et alors que le problème d’approvisionnement en réactifs se pose avec acuité il a été décidé de surseoir à la réception des demandes externes à l’établissement. « Le manque de réactifs ne touche pas uniquement notre établissement, il concerne la majorité des hôpitaux. L’origine du problème se situe au niveau de notre principal fournisseur, la pharmacie centrale des hôpitaux (PCH), avec laquelle nous sommes liés par des conventions. Et comme l’EPH est régi par des règles de gestion qui concernent son budget annuel, nous sommes contraints d’attendre, d’autant plus que nous ne pouvons nous approvisionner chez le privé », nous déclare M. Mohamed Gueziou, l’économe de l’hôpital Krim Belkacem. Il dira également que le budget alloué par les pouvoirs publics à ce volet est des plus dérisoires, alors que cet important établissement hospitalier doit faire face, non seulement aux besoins de tous les malades hospitalisés, mais aussi à ceux de tous les services qui utilisent énormément de ces consommables. A lui seul, le service des urgences a reçu au cours de l’année 2012 pas moins de 71 000 patients. Le directeur de l’EPH Krim Belgacem, en l’occurrence M. Ali Barbour, insistera quant à lui sur le fait que les malades traités au sein de sa structure sont bien pris en charge sur tous les plans malgré leur nombre et la complexité de leurs traitements. Il donnera comme exemple ceux de l’unité d’hémodialyse qui absorbent une grande partie du budget, sinon la grande majorité. « Il est vrai que depuis cinq ou six mois, le laboratoire d’analyses médicales ne reçoit pas les patients externes. Il faut savoir que dans la réglementation qui régit les EPH, nous ne prenons en charge que les patients hospitalisés dans nos différents services ou ceux admis aux urgences », nous déclare notre interlocuteur. Il nous apprendra également que son établissement était initialement prévu pour un nombre bien précis d’habitants, il y a de cela une trentaine d’années, et que ce chiffre a doublé. Il insistera aussi sur l’apparition d’autres facteurs, comme les maladies émergentes ou les maladies chroniques, et sur le fait que l’étendue géographique n’est pas des moindres. « L’EPH Krim Belkacem doit faire face, quotidiennement à des patients qui viennent non seulement des daïras de Draâ-El-Mizan et de Tizi-Gheniff mais également à ceux de la daïra de Boghni, où existe pourtant un EPH. Il reçoit même des patients venant des daïras de Kadiria et de Lakhdaria, relevant de la wilaya de Bouira et ceux de Timezrit relevant de la wilaya de Boumerdès », nous confie encore notre interlocuteur qui appelle les pouvoirs publics à revoir à la hausse l’enveloppe budgétaire des médicaments allouée à «Krim Belkacem». Cependant, il est à rappeler que des travaux d’aménagement et de réhabilitation sont engagés depuis quelques semaines au niveau du service médicochirurgical. Et les parties de l’hôpital refaites à neuf, offrent bien sûr une image des plus accueillantes.
Essaïd Mouas

