Reportage de M.A.Temmar
Durant ce week-end, nous avons pu suivre de très près les sorties de campagne du FFS et du FLN. L’engouement des citoyens à écouter les différents candidats, même s’il reste relativement faible, renseigne à plus d’un titre sur le besoin criant de contacts et de communication entre la société et ses représentants locaux. Une culture jusque-là mal entretenue par l’ensemble des élus locaux et nationaux. La course à la mandature municipale stimule bien les candidats et fait d’eux de bons interlocuteurs et techniciens en matière de projections sociaux économiques, mais cela sans compter sur l’intransigeance des électeurs qui voient en leurs doléances, des lettres mortes. L’idée reçue quant aux intentions purement personnelles ou partisanes des candidats, une fois portés à la tête des institutions élues, font que les débats durant ces sorties de campagnes soient plus pointus et parfois provocateurs.Néanmoins, les gens avisent bien leurs vis-à-vis sur les besoins urgents en matière d’infrastructures de base, de sécurité et d’embauche. Ce sont, entres autres, ces trois axes de la vie quotidienne qui reviennent tel un leitmotiv à l’adresse des meneurs de campagne. Les électeurs de la commune de Fréha attendent beaucoup de choses de leurs futurs élus. Du rétablissement de la sécurité et de la quiétude, notamment au chef-lieu communal, à la pénurie d’eau potable, défaillance et/ou inexistence de réseaux d’assainissement en passant par le manque de prestations et de moyens de santé, les besoins s’accumulent et les moyens pour faire face font défaut. Cela est d’autant plus accentué par l’expansion de la surface urbaine qui a engendré ces dix dernières années une démographie galopante. La localité de Fréha, (21564 habitants selon le RGPH de 1998 et près de 25000 à l’heure actuelle), avec ses vingt-deux villages et hameaux, en plus du chef-lieu qui compte près de 2300 électeurs, se fait découvrir à l’occasion de ces élections partielles. La quasi-totalité des villages souffre du problème d’eau potable, où certains d’entre eux ne connaissent même pas le goût de l’eau de robinet à l’image de Tala T’gana, Azrou, Ait Bouali, Timerzouga, Ath G’waret et Ajarrar. Ce sont ces vingt-deux villages qui souffrent également de l’inexistance ou de la défaillance du réseau d’assainissement.La carte sanitaire est des plus déplorables. L’implantation, selon un découpage zonal, au milieu des années 80 de trois mini-centres de soin à El Kahra, Tala T’gana et Taguercift n’a été d’aucun apport aux citoyens des banlieues de la commune, ceux-ci n’ont fonctionné que l’espace de leur inauguration. Pis encore, le centre de soin implanté au centre ville de Fréha, censé répondre aux besoins quotidiens et urgents de la population est dépourvu du strict minimum de moyens. Une bâtisse dégradée, pas d’ambulance et un corps médical dépassé. « Pour effectuer un tensiométrie, les gens doivent se déplacer, de nuit, vers l’hôpital d’azazga. Le dispensaire de Fréha n’assure même pas les urgences, de jour comme de nuit », ont déploré les citoyens appelés à voter le 24 novembre prochain. Les candidats à l’épreuve du terrain Sans toutefois se décourager à aller aux urnes pour choisir leurs futurs représentants, les citoyens ayant pris part aux différentes sorties de campagne des candidats des trois partis en lice, ont démontré que le vote partisan est révolu. Cela s’est illustré par l’attention accordée aux trois sensibilités politiques en course vers la mandature à la mairie de Fréha.Quoi que les pronostics sont difficiles à établir à propos des chances de telle ou telle liste, les mœurs politiques ont changé et le partage de l’électorat aussi. Il va sans dire que le RCD, qui a effectué durant la première semaine de campagne trois sorties de ses candidats en plus d’un meeting du leader du parti au stade municipal, mardi dernier, demeure le parti favori pour remporter ces élections dans son fief naturel. Mais devant le recul de sympathie à l’égard de la formation de Said Sadi et la rallonge de l’Assemblée communale par deux sièges supplémentaires (11 sièges au lieu de 9), risquent de priver le RCD d’une majorité absolue. La liste RCD de Fréha est conduite par Aziz Mohand retraité et Iguer Ali enseignant. Ils croient d’ailleurs représenter, à eux seuls, les deux grands réservoirs d’électeurs au niveau de la commune.Les deux autres partis, le FFS et le FLN, affichent eux aussi un sentiment de satisfaction et de confiance à remporter ces partielles.La formation de Hocine Ait Ahmed, qui a réussi à remporter trois sièges sur les neuf en 1997, compte, avec force conviction, améliorer son score à l’occasion de ces partielles. Son bilan de campagne durant la première semaine renforce en ses candidats la foi de remporter les urnes. Le FFS conduit par Nacer Ait Saadi et Hounes Mouloud, tous deux enseignants, a réalisé cinq sorties sur le terrain. «Nos sorties ont été fructueuses vu la présence des citoyens en nombre très important à nos conférences et le constat de symbiose parfaite dans notre programme avec les attentes des populations», estiment les candidats de Hocine Ait Ahmed. Le FFS compte boucler sa campagne à Tala T’gana (plus de 900 électeurs, d’après la dernière révision des listes, traditionnellement acquis au RCD) par une conférence-débat le jeudi prochain. Cette formation s’est basée sur les priorités relatives à l’investissement, l’urbanisme et aides à l’autoconstruction ainsi que l’environnement.
A l’heure des promessesInterrogé à propos d’éventuelles alliances au cas ou ni le FFS ni le RCD n’auront la majorité absolue, le chargé de campagne du plus vieux parti de l’opposition, Mohand Ousalem Sadali, estime que celle-ci n’est pas du tout envisageable par sa formation. La surprise peut jaillir cette fois-ci du FLN qui est aussi confiant de remporter ces élections, selon les termes de Djeghali Mohand, enfant de Tala T’gana, tête de liste de ce parti à Fréha. L’ex-parti unique a été présent par un siège au sein de la dernière Assemblée élue. La formation de Abdelaziz Belkhadem est représentée, pour la première fois, par une tête d’affiche très jeune (37ans). Cela n’a pas manqué d’intriguer les associations satellites du FLN à l’instar de la section des moudjahidine, d’où est également issue la tête de liste du RCD. Mais selon les échos, rien ne dit que cette association ira jusqu’à le cautionner vu l’aversion de celle-ci à l’égard de la formation de Sadi. Mohand Djeghali, de part ses 17 ans de service au sein de la mairie, est allé en course, très confiant et rassuré. Cinq sorties de campagne sont déjà à son actif en compagnie de ses colistiers. La clôture de leurs activités de sensibilisation se fera, selon le numéro deux de la liste, Khelfa Said, à Fréha-ville en présence des députés du parti et des membres du comité central.Les grands axes sur lesquelles se basent les candidats du FLN, sont « la mise en place d’un dispositif de sécurité, la relance de la très controversée zone d’activité d’El Majen et la promotion des activités de jeunes» Loin des discours de campagne des uns et des autres, les citoyens resteront sur leur faim face à la consistance du budget alloué à la commune, mais également sur la praticabilité des programmes électoraux en un si court mandat. A ce titre, les différents candidats affirment avoir concocté un planning rationnel et réalisable en 23 mois. Quant à la question du budget, d’aucuns restent perplexes quant à la consistance des enveloppes à allouer à la commune. Néanmoins, la somme de près de deux milliards annoncée pour la wilaya de Tizi-Ouzou dans le cadre de la relance économique donne des ailes mais aussi des appétits des uns et autres.
M.A.T
