Rien ne va plus à la gare intermédiaire de Beni Douala, sise au sud-est du chef-lieu de la wilaya de Tizi-Ouzou et qui dessert les daïras de Béni Douala, Ouadhias, Ouacifs et Béni Yenni.
En effet, hier matin, les usages ont été une nouvelle fois pris au dépourvu, en ne trouvant aucun bus pour les transporter de cette gare intermédiaire vers la ville de Tizi-Ouzou. Cela est dû à une grève des transporteurs qui assurent cette desserte. Selon une déclaration rendue publique par le collectif des transporteurs urbains de voyageurs (station Béni Douala-centre-ville), leur débrayage est dû au fait que « les bus du transporteur Mouloud Iachourene, qui exploite les lignes Oued Aïssi-Nouvelle gare de Bouhinoun via Bd Krim Belkacem et Oued Aïssi – Ancienne gare, se distinguent par une déviation de leurs itinéraires. En partance vers Oued Aïssi et en passant par la Tour, les bus font un passage par l’arrêt de Beni Douala et débarquent les passagers au niveau du pont de l’autoroute. En plus des risques encourus par les voyageurs, obligés parfois de traverser à pied, l’opérateur exerce une concurrence déloyale qui génère un grand manque à gagner pour les transporteurs desservant la station de Béni Douala ». Les grévistes dénoncent ce qu’ils considèrent comme un « favoritisme ». « Nul n’est au dessus des lois ! Qui est Iachourene pour faire comme bon lui semble ! S’il a un itinéraire, qu’il le respecte !», s’exclame l’un des grévistes, indigné. « Nous avons saisi le directeur des transports, à maintes reprises, mais en vain. C’est pour cela que nous avons décidé de passer à l’action », nous dira un autre. Le long du pont qui mène vers la gare intermédiaire de Béni Douala, on pouvait constater les bus alignés sur lesquels des banderoles étaient accrochées et où l’on pouvait lire, notamment : « la ligne N°6 est réservée aux transporteurs de la station de Beni Douala », « M. le directeur des transports où sont vos promesses ? », « non au favoritisme !», « M. le directeur des transports, Halte à la Hogra ! », « M. le directeur des transports, pourquoi cette trahison ?». Un usager qui travaille au chef-lieu de la wilaya et qui empreinte cet itinéraire quasi-quotidiennement, nous a déclaré que « tout le monde fait ce qu’il veut dans cette gare. Ras le bol de toute cette anarchie ! C’est toujours l’usager qui trinque quand il arrive, pratiquement chaque jour, en retard à son travail, se tenant le ventre de peur de perdre son emploi ». Le comble nous dira un autre, « il y a de cela quelque jours, nous somme tombés des nues en retrouvant les fourgons qui assurent le transport entre cette gare intermédiaire et le chef-lieu communal de Béni Douala, garés dans un champ à l’extérieur de la station! Ce champ étant la propriété d’un particulier, s’il vous plait ! » Les raisons de ce déplacement serait un bras de fer entre le concessionnaire de la station et le nouveau comité qui représente les transporteurs de Beni Douala. M. Abdelhakim Hadj-Arab, le concessionnaire de cette gare intermédiaire a, quant à lui, multiplié les rapports pour informer les responsables des structures concernées, en vue de remédier à cette situation catastrophique qui sévit au niveau de la station de Beni Douala. Dans une déclaration qui il nous à remise à son tour, datant du 21/02/2013, il expose les problèmes rencontrés au niveau de cette gare, à commencer par son exiguïté ce qui rend les conditions de travail très difficiles et provoque des embouteillages qui bloquent la circulation dans toute la périphérie, et du nombre de clandestins qui augmente chaque jour, « dans l’impunité totale ». écrit le concessionnaire qui parle également de la chaussée « complètement dégradée, à proximité de la gare, l’inexistence de ralentisseurs et de panneaux de signalisation à l’intérieur et à l’extérieur de la gare, les réseaux d’évacuation des eaux pluviales totalement bouchés, le réseau d’assainissement inexistants et des sanitaires qu’il est très urgent de réaliser ». Le concessionnaire de la station à également donné un ultimatum aux responsables du secteur jusqu’au mois de mai, date à laquelle il menace de tout fermer si les transporteurs ne payent pas le droit l’accès à la station. « Nous avons exigé qu’au 1er mai, au plus tard, on commence le payement. C’est une décision prise par trois concessionnaires des gares intermédiaires ».
Karima Talis

