Pour une transition politique «courte»

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Selon le professeur Mohamed-Chérif Benmihoub, une longue période de transition politique aura des répercussions négatives sur la situation économique du pays. «Il faut aller vers une courte période de transition, car nous risquons de perdre beaucoup d’opportunités d’investissement», a affirmé M. Benmihoub lors de son intervention, hier, sur les ondes de la chaîne III de la radio nationale.

L’intervenant plaide, donc, pour l’organisation de l’élection présidentielle dans les plus courts délais et appelle à l’exploitation de la Constitution actuelle et à «ne pas ouvrir un dossier qui va nous mener dans des impasses». «Il faut prendre au sérieux le mouvement populaire. C’est une revendication légitime», a-t-il dit, soulignant la nécessité de passer par une période de transition organisée, au risque d’entraîner le «chaos», a-t-il mis en garde. «Déjà le pays fait, a-t-il encore soutenu, des taux de croissance très bas, et sans les réserves de change, nous aurions été à genoux».

«Il nous reste, poursuit-t-il encore, quelques fenêtres de tir pour récupérer l’économie nationale», en insistant que l’importance de «mettre de l’ordre dans la politique pour que l’économie commence à fonctionner». Selon M. Benmihoub, la situation actuelle du pays, marquée par la crise institutionnelle et la dégradation des comptes de la nation, «pose de sérieux problèmes».

«Comme la situation n’est pas claire sur le plan institutionnel, je crains que l’engagement des opérateurs économiques soit à minima», a-t-il fait remarquer, précisant que l’engagement des réformes actuellement n’est pas possible car cela «n’est pas l’affaire d’un gouvernement de transition». L’invité de la radio plaide, dans le même ordre d’idées, pour la mise en place de mesures de sauvegarde.

Il s’agit, selon lui, de mettre la gestion des réserves de change sous la supervision directe d’un comité ad-hoc et non pas entre les seules mains de la Banque d’Algérie, «pour éviter de les voir s’évaporer». Il appelle, ainsi, au contrôle de la gestion des comptes publics du trésor pour qu’ «il n’y ait pas des dépenses dans tous les sens».

En outre, le même intervenant fait savoir que la planche a billets a produit à ce jour 6 500 000 milliards de dinars, alors que les banques se trouvent en surliquidité. «Il faut qu’il y ait du sérieux dans le gestion de ces comptes», préconise-t-il, en mettant également en exergue la nécessité de maintenir l’investissement dans les hydrocarbures.

Samira Saïdj

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