La ville de Bouira a connu, hier, une journée mouvementée, marquée par plusieurs mouvements de protestation. Le premier mouvement est celui initié par les gardes communaux qui ont tenu un sit-in devant le siège de la wilaya. Dès 10 h du matin, le parvis du siège de la wilaya a été littéralement assiégé par une importante foule de plus d’une centaine de personnes.
Les gardes communaux assiègent la wilaya
Les gardes communaux radiés étaient les premiers arrivés sur les lieux. À travers cette action, ces derniers disent vouloir attirer l’attention des pouvoirs publics sur leur situation qu’ils jugent précaire. Selon Omar Hocine, porte-parole de ce mouvement né à Bouira au début de l’année, ils sont près de 900 gardes communaux qui ont servi, dans les rangs de ce corps, dans les années 90, et qui se retrouvent, aujourd’hui, sans travail, ni retraite et sans aucune prise en charge. Pour notre interlocuteur, « beaucoup de gardes communaux, qui ont passé plusieurs années dans ce corps à combattre le terrorisme, ont été victimes de radiations et de décisions disciplinaires arbitraires». « Nous estimons que nous avons rempli notre devoir et nous exigeons, à présent, une reconnaissance de la part de l’Etat », a déclaré le porte-parole du mouvement. À en croire les dires de certains gardes communaux, il y’a eu plusieurs cas de révocations au sein du corps de la garde communale jugés injuste. À ce sujet, un garde communal, ayant servi au niveau du détachement d’Ath Mansour, nous a faits part d’une révocation collective de 18 personnes. Un autre radié nous fera aussi remarquer que malgré une décision de justice rendue en sa faveur, il sera carrément écarté à l’issue d’un conseil de discipline. Tous les gardes communaux, qui se disent injustement révoqués des rangs de ce corps, réclament, à présent, le droit à une prise en charge matérielle et médicale au même titre que leurs autres camarades, le droit à une retraite digne et à des indemnités.
Commerçants, transporteurs et usagers battent le pavé
Parallèlement à l’action de protestation des gardes communaux radiés, des dizaines de commerçants du quartier Zerrouki de la ville de Bouira, accompagnés de plusieurs transporteurs assurant les dessertes entre la ville de Bouira et les localités d’El Esnam, Oued El Bardi et EL Hachimia, ont organisé une marche, de l’artère principale Zighout Youcef jusqu’au siège de la wilaya, pour exiger l’annulation de la décision de délocalisation de l’arrêt de bus sis à Oued Dhous. Selon les protestataires, depuis la délocalisation des transporteurs de l’ancien arrêt de bus et leur transfert vers la nouvelle gare routière, la situation n’a fait que se dégrader. Coût trop élevé du ticket de transport, trajet plus long, taux de fréquentation des commerces du quartier en nette diminution et activité commerciale en déclin. Voilà quelques conséquences d’une mesure jugée anti sociale, qui n’arrange ni les commerçants du quartier, ni les usagers des transports et encore moins les transporteurs. Par leur action, les protestataires disent vouloir attirer l’attention de la direction des transports sur le calvaire qu’endurent les usagers des transports transitant par l’arrêt de Oued Dhous. Ces derniers, affirme-t-on, sont, désormais, dans l’obligation de débourser plus d’argent en traversant toute la ville pour rejoindre le quartier. « Beaucoup de citoyens modestes des communes de la périphérie de la ville se rendent à Oued Dhous pour faire leurs courses. Désormais, avec la délocalisation des transporteurs, ces derniers déboursent près de 200 DA pour acheter un simple sachet de lait ». Cette situation, jugée pénalisante, n’est pas pour arranger les affaires des commerçants, transporteurs et des gens modestes, selon les protestataires. « Nous voulons plus de justice sociale et des mesures à même d’aider les couches démunies et c’est pour cela que nous avons élus nos représentants dans les assemblées locales », affirme Saïd, gérant d’une cafeteria au quartier Zerrouki. À préciser que la quasi-totalité des commerçants du quartier ont fermé hier, leurs boutiques, pour appeler à « surseoir à la décision de délocalisation de l’arrêt de bus ». Une action similaire avait été rappelons-le, organisée la semaine dernière. À noter, enfin, qu’une délégation représentant les protestataires a été reçue par le chef de cabinet du wali, pour tenter de résoudre cette crise.
Les transporteurs de Taghzout et Haïzer coupent la RN33
Pas loin du siège de la wilaya, à la sortie nord-est de la ville de Bouira, des dizaines de transporteurs assurant la desserte entre le chef-lieu et les localités de Taghzout et Haïzer ont carrément fermé la route nationale n°33 menant vers Tikjda, pour exiger l’aménagement d’une aire de stationnement adéquate.
Les transporteurs mécontents avouent qu’ils exercent dans des conditions lamentables au niveau de l’actuel arrêt de bus. Un arrêt aménagé aux abords de la RN33, au lieudit « carrefour de Haïzer » et qui est loin de garantir un minimum de conditions de travail. Ni transporteurs, ni les usagers, et encore moins les exploitants de ces lignes ne trouvent leur compte à l’état actuel des choses. Si les usagers sont exposés aux risques d’accidents au quotidien, les transporteurs, eux, travaillent dans des conditions des plus contraignantes. L’un de ces transporteurs évoque le harcèlement que subissent au quotidien lui et ses camarades de la part du propriétaire du terrain sur lequel est implanté l’arrêt de bus. « Si ce n’est pas le propriétaire qui vient nous intimer l’ordre de décamper, ce sont les services de l’ordre qui guettent la moindre infraction de notre part », affirme notre interlocuteur, et d’ajouter : « Nous sommes assaillis de toutes parts et nous ne pouvons plus continuer à travailler dans ces conditions ». Ces transporteurs, au nombre de 147, demandent à ce que soit mis fin à l’anarchie qui règne au niveau de cet arrêt, et réclament l’aménagement d’une aire stationnement à même de leur faciliter le travail. À préciser que les protestataires ont accepté de débloquer la route et ont engagé des pourparlers avec la police.
D. M

