Les transporteurs de voyageurs par bus, de la wilaya de Tizi-Ouzou, boycottent, depuis cinq jours déjà l’accès à la gare routière Caroubier d’Alger. Ces derniers dénoncent la décision de SPA Sogral, gestionnaire de la dite gare, de mettre en œuvre un nouveau système de gestion, jugé « illégal » par les manifestants, qui l’accuse de s’accaparer d’un pourcentage de leur bénéfice. Un boycott illimité que les transporteurs comptent observer jusqu’à règlement du problème. Selon le représentant de ces transporteurs, assurant la liaison entre la wilaya de Tizi-Ouzou et Alger, M. Hammour, contacté par nos soins, et qui nous a expliqué la nouvelle formule, « il s’agit d’un système de billetterie qui consiste à vendre les billets aux usagers à la place des opérateurs, contre le prélèvement d’un pourcentage sur le chiffre d’affaire de ces derniers, en sus des droits d’accès aux quais d’embarquement classiques ». Il nous précisera que, depuis samedi dernier, les bus transporteurs de voyageurs « ne font qu’acheminer ces derniers vers la gare de Caroubier, effectuant le voyage retour à vide ». Il ajoutera que l’action exprime le refus des transporteurs d’accepter la nouvelle formule proposée par le gestionnaire de la gare. Formule jugée « illégale et arbitraire » par les transporteurs de Tizi-Ouzou. L’union nationale des transporteurs (Unat) l’a d’ailleurs dénoncée dans une lettre, adressée hier, au ministère du Transport, et à travers laquelle elle réclame l’intervention de la tutelle. A travers la missive, dont nous détenons une copie, le problème a été largement expliqué. Pour eux : « cette mesure est illégale et arbitraire car elle ne figure pas parmi les prérogatives d’une infrastructure d’accueil et de traitement des voyageurs, clairement définies par les lois de la république, notamment la circulaire n° 448 du 06/06/2002 et du décret exécutif n° 04.417 du 20/12/2004 ». Ils enchaînent en expliquant : « la réglementation confère à toute infrastructure routière une mission de gestion de l’espace contre le paiement d’un droit d’accès aux quais d’embarquement, payable mensuellement par l’opérateur, et en aucun cas elle ne lui permet de s’ingérer dans l’exploitation quotidienne des transporteurs, ni de se substituer à leur personnel ou de leur imposer une méthode de travail, ni de gérer leur fonds ». Pour eux, en plus d’être difficile à mettre en œuvre, étant donné qu’il ne fera, d’après eux, que remettre en cause toute l’organisation au niveau des quais de la gare routière, « le nouveau système proposé par Sogral favorisera la corruption au niveau des guichets et créera, sans nul doute, une anarchie entre les opérateurs, sans compter une perte de temps pour les usagers ». Les transporteurs, sous l’égide de l’Unat et à travers la lettre destinée au ministère, vont plus loin, en désignant la nouvelle mesure de « tentative mal déguisée de tirer le maximum de profit de l’activité des opérateurs de la ligne, sans contrepartie, ni fondement logique ou juridique, et sans se soucier des conséquences dramatiques sur l’organisation du système et sur l’organisation de l’activité et sa rentabilité ». L’objectif derrière cette mesure étant, pour eux, « le gain, sans se soucier du bien-être des usagers et des opérateurs ». Et c’est afin de mettre un terme à cette pratique, et « refusant le dictat de Sogral », affirment-ils, que le ministère est interpellé pour le rétablissement de l’ancien système.
Tassadit. Ch.
