Ce Jet-d’eau, aussi beau soit-il, qui a coûté un milliard 600 millions de centimes à la trésorerie, alimente les discussions à Akbou depuis maintenant une semaine.
Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, le jet d’eau réalisé au niveau du rond-point sis en face de la gare routière d’Akbou, au lieu-dit « Ighzer Bouktit », aurait coûté à la trésorerie municipale quelques 1,6 milliard de centimes ! Même si certains citoyens ont accueilli cette « majestueuse œuvre » avec beaucoup d’admiration, il n’en demeure pas moins que pour la majeure partie des citoyens, la somme est excessivement élevée. En effet, et de l’aveu de Mouloud Salhi, élu à l’APC d’Akbou, de nombreux citoyens l’ont interpellé s’interrogeant sur la nécessité de ce projet, réalisé à coups de millions, alors que la ville est embourbée, depuis longtemps déjà dans d’énormes problèmes. Elle souffre en effet d’innombrables carences, liées à des infrastructures de base, à l’aménagement urbain et plusieurs autres manques. Ce Jet-d’eau, aussi beau soit-il, qui a donc coûté un milliard 600 millions de centimes à la trésorerie, alimente les discussions à Akbou depuis maintenant une semaine. Depuis sa mise en marche, il fonctionne de jour comme de nuit, une foule de citoyens s’y attroupe quotidiennement pour admirer son architecture. Néanmoins, la dégradation du cadre de vie à Akbou suscite, parmi les citoyens et une partie des élus, un mécontentement, dû au fait que ce genre d’infrastructures est loin, très loin, de constituer une urgence, encore moins une priorité : « Nous ne sommes pas contre ce projet qui donne, en effet, une belle image à la ville et contribue à son embellissement. Cependant, il existe d’autres préoccupations qui pénalisent le quotidien de nos concitoyens. L’éclairage public est complètement défaillant, le réseau routier est délabré dans les quatre coins de la ville, des infrastructures de base font défaut, comme les salles de soin, une maison de jeunes, une salle de cinéma… etc. », se désole M. Salhi, en insistant : « C’est comme planter une fleure dans une décharge ! ». Par ailleurs, beaucoup de citoyens remettent même en question le lieu choisi pour accueillir l’infrastructure : « Regardez autour d’elle, il y a de la saleté partout. Les routes sont totalement et constamment encombrées et défoncées. Au lieu de dépenser tout cet argent pour rien, il aurait mieux fallu l’investir plus utilement », commente un riverain avant d’ajouter : « c’est comme un dindon qui ferait le beau et le fier, alors que ses pieds sont plantées dans la m… ».
D’après une source municipale, ce Jet d’eau fait partie d’un programme global de l’aménagement et de l’entretien de tous les carrefours de la ville, initié par l’APC sortante. Six autres fontaines de la même envergure seront réalisées dans les jours à venir. Il s’agirait du carrefour du Lycée Mohamed Haroun, (ex-Hafsa) et celui de la place colonel Amirouche entre autres.
M. Ch.

