Un groupe de jeunes sans emploi a récemment déposé une pétition signée par plus de 400 chômeurs sur le bureau du maire espérant que leurs doléances soient transmises aux autorités régionales, notamment le wali. Dans leur courrier, on peut lire, d’emblée, que la région enregistre un fort taux de chômage, en rapport direct avec la quasi inexistence d’investissement économiques créateur d’emplois. Par ailleurs, ils pensent que les quelques emplois affectés à leur « commune nous reviennent de droit. » « Est-ce normal que même pour un poste de gardien dans un établissement scolaire, il faut un concours? », s’est interrogé un signataire de la pétition. Dans leur requête, les pétitionnaires dénoncent vigoureusement certains recrutements effectués dernièrement, et pour lesquels ils réclament l’application du principe de la priorité aux demandeurs locaux. Dans cette correspondance accompagnée de signatures, dont nous détenons une copie, il est écrit que ces jeunes tiennent à préciser que « cela n’est nullement fait dans un esprit d’exclusion ou de régionalisme, mais uniquement dans le cadre d’une logique avérée ». À Draâ El-Mizan, « il n’échappe à personne de voir des jeunes, diplômés ou non, s’entasser dans les cafés ou tenir les murs. Certains sont même tentés par l’émigration clandestine et d’autres sont attirés par les activités illicites qui engendrent des gains faciles, notamment la vente de la drogue, » commentera un vieux retraité père de famille dont trois de ses enfants sont chomeurs. « Cela fait maintenant cinq longues années que j’ai terminé mes études, mais tous les demandes et les CV que j’ai faxé ou envoyé aux diverses sociétés, notamment pétrolières du sud du pays, n’ont pas abouti », nous a confié un jeune ingénieur en génie mécanique. Comme cet ingénieur, ils sont des centaines qui attendent un hypothétique emploi afin, non seulement d’entrer enfin dans la vie active, mais aussi de décharger leurs parents de cet énorme fardeau qu’ils représentent. Pour ceux qui n’ont pas de diplômes supérieurs, c’est le même son de cloche. « Où allons-nous travailler? Toutes les portes sont fermées. Il ne nous reste qu’El Harba (la fuite) de ce pays ! », tel est le raisonnement de cet autre chômeur. Le rêve de ces jeunes, loin d’être utopique, ne consiste qu’à se trouver un emploi stable pour subvenir à ses besoins.
Amar Ouramdane
