S’adressant au Premier ministre, Abdelmalek Sellal, lors de sa visite à Béjaïa, le 27 avril dernier, le président de la chambre du commerce et de l’industrie (CCI), Abdelkader Hocini, n’a pas mâché ses mots pour dire quelques vérités sur la wilaya.
Ainsi, d’emblée, il déclare que la wilaya de Béjaïa souffre « d’un malaise profond, du dégout, d’une bureaucratie sans égale, accentuée par un « je m’en-foutisme» avéré et surtout par le chômage alors que notre pays n’a jamais vu une période aussi riche en projets que celle de ces dernières années ». Après avoir exprimé le souhait que la visite du chef du Gouvernement sera un coup de fouet qui sortira la wilaya de Béjaïa de sa léthargie, il s’en est pris aux élus et aux fonctionnaires qui ne tiennent pas les promesses qu’ils donnent aux citoyens et il affirme que c’est de ces mensonges que « découlent, dans la plupart des cas, la majorité des problèmes que connaît notre région : blocage de routes, grèves et autres manifestations ». Concernant la création d’emplois, le président de la CCI met la balle dans le camp des pouvoirs publics à qui il impute la lenteur dans le traitement des dossiers d’investissement des opérateurs économiques. Il souligne que « des créneaux porteurs, créateurs de richesses et d’emplois existent particulièrement pour les zones d’activités commerciales et touristiques ». Mais, malheureusement, ces zones sont laissées en jachères. A cet effet, le premier responsable de la chambre de commerce et de l’industrie de Béjaïa plaide pour « la mise à niveau des zones industrielles, la réduction de la pression fiscales sur les vrais investisseurs, la densification du réseau routier et l’élargissement des routes nationales, l’extension de la piste d’atterrissage de l’aéroport Soummam, à l’effet de permettre aux gros porteurs d’atterrir, et l’ouverture d’un service fret pour le rendre plus performant, la rénovation et le développement du rail et son renforcement par des navettes de voyageurs de fret». Sur un autre registre, pour favoriser l’investissement productif, les équipements publics susceptibles de créer des emplois, des richesses et des prestations de services de qualité il préconise de réviser les prix des expropriations des terrains, objet de blocage de nombreux projets de développement. Au terme de son plaidoyer, il déplore le fait que « beaucoup d’intervenants dans la wilaya n’ont pas la capacité et le courage pour mener à terme les nombreux chantiers que l’Etat projette. Il en veut pour preuve la faiblesse du taux de consommations des budgets alloués et les prétextes avancés tels l’indisponibilité de terrain d’assiettes ou l’absence des entreprises de réalisations.
B. Mouhoub

