Le phénomène de la violence à l’école prend de l’ampleur dans les établissements scolaires des trois paliers. Plus de 3 000 cas de violence (élèves-élèves, élèves-enseignants, élèves-administration et parent-personnel) ont été enregistrés depuis le début de l’année scolaire. De nombreuses situations sont signalées quotidiennement ici et là. A titre d’exemple, on citera le collège Mohand Saïd d’Azazga où, depuis le début de l’année, les cas sont récurrents. « Les élèves sont devenus les maîtres des lieux et personne n’ose lever le petit doigt », nous a confié un professeur de cet établissement. Il nous cite, pour exemple, un élève qui avait insulté une adjointe d’éducation le 16 janvier dernier, sans que ce geste ne soit sanctionné ajoutant que « même le père de l’élève a à son tour tenu des paroles injurieuses en direction du directeur de l’établissement ». Notre interlocuteur ajoutera que « le 17 janvier dernier, les cours avaient repris normalement après la grève, mais juste après le déjeuner, les élèves sont montés à l’étage des 4eAM, où ils ont tout saccagé (tableaux blancs, tables, portes, chaises…). Le 13 février, deux professeurs qui allaient rejoindre leurs classes ont reçu une planche pleine de clous sur la figure ». Des cas comme ceux-ci font légion dans de nombreux établissements. Et c’est dans l’optique d’analyser en profondeur les causes de ce phénomène et d’en préconiser des remèdes, qu’une enquête intitulée « indicateurs de violence en milieu scolaire », a été initiée par un groupe de travail dénommé « Efort », de l’université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou. Une enquête qui s’articule autour des élèves de 3eAM et de 4eAM scolarisés dans pas moins de 27 CEM de la wilaya. Une enquête qui répertoriera notamment les types et les formes de ces violences, les lieux et les moments où elles se produisent, les moyens utilisés… etc. Par leurs questions et les statistiques qui en résulteront, les initiateurs de cette initiative comptent cerner les causes et proposer des remèdes pour atténuer ce phénomène qui malmène l’école algérienne.
Aussi, des conférences sont initiées, aussi bien par des associations de parents d’élèves que par des psychologues scolaires, mais cela reste insuffisant quand on voit que ce phénomène prend une courbe ascendante.
Amar Ouramdane
