Ne nous faites pas prendre les vessies pour des lanternes !

Les élections partielles en Kabylie ont aiguisé les appétits : ceux qui avaient l’habitude d’appeler au boycott, par volonté de blocage ou alors par peur du verdict des urnes- appellent ‘’au vote massif ». C’est qu’il y a une cagnotte importante à gérer et puis, les élections municipales sont le tremplin pour d’autres élections, notamment législatives. La campagne électorale est lancée et chacun essaye de se mettre en avant, d’exposer son programme, de faire ses promesses. C’est la règle, dans les systèmes pluralistes et on n’a pas à être choqué de voir les idées et les promesses… s’entrechoquer. Par contre, ce qui est choquant, c’est de voir ceux qui ont ruiné la Kabylie se présenter de nouveau et solliciter des électeurs un nouveau mandat ! C’est oublier que les maux qu’ils dénoncent aujourd’hui dans leurs campagnes -mauvais état des routes, gestion catastrophique de l’eau, dégradation du cadre de vie, insalubrité et insécurité- c’est eux ! Comment oser dénoncer la misère et le laissez-aller alors qu’on l’a instauré ou participé à l’instaurer ? Le prétexte du ‘’manque de moyens » pour justifier les négligences et l’incurie ne trompe plus personne : c’est surtout toute la gestion défaillante des communes qui est la cause de la situation actuelle. Les gens leur disent : ne nous faites plus prendre les vessies pour des lanternes ! La Kabylie ne peut plus se contenter de promesses : elle a besoin avant tout d’hommes et d’hommes qui répondent à ses attentes, non pas par des promesses fallacieuses, mais par des actes. Des candidats nouveaux qui, en dehors des jeux politiciens, géreront comme les budgets importants que l’Etat compte mettre en œuvre pour le développement de la région.

S. Aït Larba