Grève de la faim des syndicalistes et débrayage des travailleurs… – Electro-industrie d’Azazga à l’arrêt !

Les membres du bureau syndical de l’entreprise Electro-industrie d’Azazga, ont entamé une grève de la faim, lundi dernier. Ils réclament la prise en charge de leur plate-forme de revendications.

Ils sont quatre membres du bureau syndical de l’entreprise Electro-industrie d’Azazga, affilié à l’Union générale des travailleurs algérien (UGTA) à entamer, aujourd’hui, leur quatrième journée de grève de la faim. «Un mouvement soutenu par les travailleurs de l’entreprise qui n’ont pas hésité à entamer, eux aussi, une grève sur poste », nous affirmait, hier, M. Boudjema, secrétaire général du conseil syndical de l’entreprise. Ce dernier nous dira :«la grève de la faim entamée, lundi dernier, concerne les quatre membres du bureau syndical de l’entreprise. Dans un communiqué rendu public, hier et datant du 6 mais dernier, les protestataires, affirment réitérer, avec force, les revendications déjà formulées à l’employeur ». Il s’agit notamment de l’augmentation des salaires, la revalorisation de l’indemnité de risque pour les agents de sécurité… Le syndicat exige aussi la mise en place d’un plan de gestion des carrières et des compétences. Les travailleurs soulignent aussi la nécessité d’installer lune commission de classification et d’actualisation de l’organisation de la nomenclature générale des postes de travail de l’entreprise. « Des revendications tombées dans les oreilles d’un sourd », étant donné expliquent-ils que « le dialogue avec le président directeur général est rompu depuis octobre 2012 ». Pour eux, « toutes les tentatives de l’employeur de renouer le dialogue ne sont en fait qu’une occasion, pour lui, de verser dans des provocations tous azimuts pour légitimer son entrave à l’exercice du droit syndical et les menaces proférées à l’encontre des travailleurs », notes le syndicat de l’entreprise dans la déclaration. Ils relèvent ainsi « la mauvaise foi du responsable à aller à un dialogue sérieux et responsable ». Pour eux, « la réponse de l’employeur à la plate-forme de revendications du 28 mars dernier, n’a fait que jeter la confusion dans l’esprit des travailleurs déjà ébranlés par un climat social délétère ». C’est pour cette raison d’ailleurs que le conseil syndical de l’entreprise « lance un appel pressant aux pouvoirs publics afin d’user de l’autorité que leur confère la loi pour venir à bout d’un conflit fomenté par l’employeur et rétablir les travailleurs dans leurs droits conventionnels spoliés par ce même employeur » écrivent-ils. De son côté et dans une déclaration qu’il a rendue publique, et dont nous détenons une copie, le Président directeur général de l’entreprise, A. Younsi, dénonce, « avec force », cette action qu’il qualifie de « comportements irresponsables qui n’honorent nullement leur auteurs ». Il explique, dans sa missive, que cette action est le fruit de « personne se prévalant d’une immunité syndicale essayant par tous les moyens de créer des foyers de tensions et de division en jouant même sur la sensibilité naturelle et la légitimité de certaines revendications des travailleurs », citant d’ailleurs celle de l’augmentation des salaire. D’après A. Younsi, « cette dernière revendication n’a jamais figuré dans la plate-forme de revendications portée à la connaissance du conseil d’administration ». Il soutient, en effet, « qu’elle n’a été soulevée pour la première fois que le 28 mars 2013 dans ce qu’ils ont appelé d’ailleurs la plate-forme actualisée ». Le président directeur général estime par ailleurs que le mouvement de certains syndicalistes « vise à déstabiliser l’entreprise ». Il signalera aussi pour ce qui est du dialogue entre les deux côtés, « il a été interrompu unilatéralement par la section syndicale, à sa tête le secrétaire général, sous le prétexte fallacieux que l’augmentation générale des salaires est un préalable à toute continuation sur les autres points de la plate-forme ». Il précisera néanmoins sa volonté de renouer le dialogue entre les deux parties, affirmant « un comité de conciliation, conformément à l’article 142 de la convention collective de l’entreprise, sera mis en place ».

T. Ch.