Rencontré à Tizi-Gheniff, à la veille de son départ pour la France, où il représentera l’Algérie à la 66ème édition du Festival du cinéma de Cannes, le jeune réalisateur Rabah Bellili a bien voulu nous accorder cet entretien.
La Dépêche de Kabylie : Tout d’abord M. Bellili, pourriez-vous nous décrire ce que vous ressentez, depuis que vous savez que vous alliez participer à ce prestigieux Festival ?
M. Rabah Bellili : Il est vrai que pour tout réalisateur, le rêve est de participer, au moins une fois, aux joutes cinématographiques de Cannes. Etre sélectionné pour y participer est déjà en soi une consécration mondiale. Mon bonheur est donc immense, et c’est également pour moi un honneur de représenter l’Algérie et le cinéma algérien, même si ce n’est qu’à travers un documentaire de 26 minutes.
Avant de nous parler de votre documentaire, pourriez-vous vous présenter à nos lecteurs qui ne vous ne connaîtraient pas ?
Je suis né le 14 juillet 1982, à Tizi-Gheniff. J’ai suivi des études à l’école supérieure des beaux arts d’Alger où j’avais obtenu une licence en infographie (Techniques d’information). J’ai également suivi une formation de montage numérique ainsi qu’une autre en prise de vues et de mise en scène à Alger.
Vous êtes donc un professionnel du cinéma?
En effet, j’ai débuté ma carrière en travaillant dans des boîtes de production, comme directeur de production. Puis à partir de 2009, j’ai décidé de rejoindre la chaîne 4 de l’ENTV comme producteur exécutif, et cela dure jusqu’à aujourd’hui.
Pourrions-nous connaître quelques-unes de vos productions ?
Parmi plusieurs films documentaires que j’ai réalisés, je vous citerai Le bijou berbère (26 minutes), Tizi-Ameur (31 minutes), Aït Argane (52 minutes) et Aït Ouavane (26 minutes) .
Lequel sera en compétition à Cannes ?
Pour le Festival, c’est Aït Ouavane qui sera en lice.
Pourriez-vous nous dire un peu plus sur ce documentaire ?
Comme vous le savez, le village des Aït Ouavane est situé au cœur du Djurdjura. Il relève de la daïra d’Aïn-El-Hammam. Ses habitants ont gardé jusqu’à nos jours, le même système d’irrigation hérité de leurs ancêtres. Il irriguer leurs jardins grâce à un dispositif qui part de la rivière. Et c’est ce sujet que j’ai choisi pour mon documentaire. Je saisis cette occasion qui m’est offerte pour saluer tous les habitants de ce village qui m’ont aidé dans mon travail. J’espère qu’ils seront ravis de savoir que leur village sera présent à la 66ème édition du festival du cinéma à Cannes, dont ils ont sûrement entendu parler.
Avez-vous eu des difficultés à organiser votre départ ?
Ce ne fut pas très facile, en effet. J’ai même failli ne pas pouvoir partir, car mon rendez-vous pour le visa m’a été fixé pour le mois de juillet, alors que le festival débute le 15 mai. Mais j’ai fini par avoir mon visa, il y a deux jours.
Avez-vous de nouveaux projets en perspective ?
Je compte en effet réaliser un documentaire sur la confédération des Iflissène Umellil, un projet qui me tient à cœur et que je prépare depuis quelques temps.
En vous souhaitant bon vent pour le Festival, nous vous demandons un dernier mot…
Je remercie tout d’abord notre journal La Dépêche De Kabylie pour m’avoir donné cette opportunité de m’exprimer. Mon grand bonjour à vos lecteurs à qui je donne rendez-vous, je l’espère, au palmarès de Cannes.
Propos recueillis par Essaïd Mouas.

