Des femmes en guerre, à l’honneur

L’homme de théâtre, metteur en scène et comédien irakien, Djaouade El Assadi, s’est montré comme de coutume très en colère contre l’ancien régime dictateur de Saddam Hussein, vendredi dernier, lors d’une conférence qu’il avait donnée à la direction de la maison de la presse Tahar Djaout. Le metteur en scène est venu présenter, nous dit-il, pour la première fois dans toute l’Afrique sa nouvelle pièce Des femmes en guerre au Théâtre national d’Alger qui sera présentée durant le mois en cours. Cette dramaturgie poétique évoque la résistance et le combat des femmes irakiennes à l’intérieur du pays ainsi qu’à l’étranger contre la politique de l’ancien président-dictateur. La pièce a été présentée en plusieurs langues et dans de nombreux pays, dont la Suède, l’Italie, la Russie et bien d’autres. « J’étais fier de présenter, tout dernièrement, Femme en guerre à Bagdad même si l’atmosphère était et reste très tendue. Avec l’état d’un pays en guerre, avec toutes ces terribles tortures que subissaient les prisonniers d’Abu-Ghararib, je n’attendais sincèrement même pas plus de deux personnes qui pouvaient assister à la présentation. Mais j’étais par la suite surpris par le nombre de foules qui sont venues spécialement voir ce spectacle. En dépit de toutes les situations le peuple irakien reste un peuple civilisé, assoiffé de culture et de démocratie », témoigne t-il. Djaouade El Assadi est l’un de ces grands monstres de la culture universelle qui ont résisté contre la soumission aux régimes imposés. Un de ces démocrates qui se sont tant battus pour les souverainetés des pays. Pour El Assadi, la liberté d’expression lui a coûté 27 ans d’exil pour qu’il revient enfin à sa propre terre suite à la chute de l’ancien régime. Malgré qu’il fut refoulé par Saddam, El Assadi a toujours fait face à son régime dictateur par sa politique de résistance et surtout par sa relation intellectuelle ininterrompue avec les hommes de culture dans le monde.

Fazila Boulahbla