L’artisanat en débat

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L’assemblée populaire de wilaya a organisé hier à son siège, une journée thématique sur l’artisanat au niveau de la wilaya. Une occasion pour les participants d’insister sur la nécessite de promouvoir les métiers artisanaux, notamment les métiers menacés de disparition. Le vœu de donner un vrai statut pour les fêtes déjà existantes a été formulé par les participants qui espèrent ainsi booster les métiers traditionnels dans la région.  Cette journée thématique a été organisée dans le cadre de la 5ème édition du salon de l’artisanat qui se tient actuellement et jusqu’à demain à Tizi-Ouzou, au niveau du jardin public Mohand-Oulhadj de Tizi-Ouzou, et qui regroupe pas moins de 170 artisans venus de 35 wilayas du pays. Le thème de la journée était « l’artisanat au service du développement ». Une journée qui a permis de soulever de nombreux problèmes que vit le secteur de l’artisanat et par ricochet celui du tourisme au sein de la wilaya. Le danger de disparition qui menace certains métiers artisanaux a été également débattu. C’est le cas de la vannerie qui a grand besoin d’être revalorisé et encouragé si l’on ne veut pas voir ses techniques de réalisation traditionnelles disparaître. Un autre métier est également menacé de disparition. Il s’agit de la ferronnerie traditionnelle qui n’est pratiqué que par de rares ferronniers à travers la wilaya. L’un de ces artisans interviendra d’ailleurs lors des débats, afin de souligner la nécessité d’apporter des aides matérielles à ceux qui se battent pour perpétuer leurs métiers. Il suggèrera même d’inclure les ferronniers dans la liste des bénéficiaires de l’aide de l’Etat dans le cadre des différents dispositifs d’aide à l’emploi des jeunes. Une solution qui pourrait en effet profiter à beaucoup de métiers en mal de relève, et qui ne sont d’ailleurs même pas recensés dans la wilaya. D’autres intervenants ont préféré se focaliser sur les établissements attribués à certaines activités dans le cadre de la promotion de l’art artisanal. C’est le cas des centres artisanaux qui, après avoir été désignés pour abriter les fêtes de la poterie et du bijou notamment, se sont vus être déviés de leur vocation, pour être transformés, en commissariat par exemple, comme c’est le cas de la maison de la poterie à Mâatkas. Des maisons que la direction du tourisme, en collaboration avec la chambre des métiers, se doit de récupérer pour en faire bénéficier les artisans des communes concernés, notamment celles qui accueillent  annuellement des fêtes, comme c’est le cas à Maâtkas pour la poterie et à Ath Yenni pour le bijou. Des célébrations auxquelles il faut d’ailleurs donner un statut, « pour ne pas laisser la décision de leur tenue au bon vouloir des maires et des collectivités locales », tonnera un élu. D’autres suggestions ont été formulées, dans le même sillage, dans le but de préserver l’artisanat de toutes sortes de menaces et de le sauvegarder contre l’extinction de plus en plus menaçante. La direction du tourisme ainsi que les responsables de la chambre des métiers et de l’artisanat ont été sollicités pour relancer l’artisanat dans les endroits où il a déjà disparu, tout en continuant à le promouvoir ailleurs. Un travail qui doit être fait tout au long de l’année et non seulement lors des célébrations des différentes fêtes que compte la région. Il y a lieu de noter que le nombre d’artisans, recensés jusqu’au 30 du mois d’avril écoulé et enregistrés par la chambre de l’artisanat et des métiers (Cam) de Tizi-Ouzou a atteint les 9 317, dont 41 sont des coopératives, d’après M. Ghardouchi, le directeur local du tourisme. D’après le même responsable, pas moins de 18 634 emplois ont été générés par l’activité artisanale.

T. Ch.

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