Bouteflika déclare la guerre au banditisme

« Nous avons vaincu le terrorisme armé et nous nous retrouvons face à un autre terrorisme : le banditisme ». C’est ce qu’a déploré hier le président de la République dans son discours prononcé à l’occasion de l’ouverture de l’année judiciaire 2005-2006 dont la cérémonie a été tenue hier au niveau de la Cour suprême. Ainsi, le premier magistrat du pays se dit prêt à déterrer la hache de guerre pour lutter contre le banditisme, un phénomène qui a connu, selon lui, une proportion alarmante notamment durant ces dix dernières années. En s’adressant aux hommes de loi et de la justice, Abdelaziz Bouteflika a fait savoir que la lutte contre ce mal qui range notre société et qui a remplacé « le terrorisme armé » constitue désormais une des préoccupations cardinales des autorités, c’est pourquoi d’ailleurs il les a appellé à se mobiliser et à fournir des efforts afin de faire barrage à ceux qui « nourrissent » le brigandage. « La justice doit se mobiliser car il s’agit là de garantir la quiétude des citoyens, la sécurité de leurs personnes et de leurs biens », a-t-il estimé avant d’enchaîner, pour appui ses propos, que « le phénomène du banditisme a connu une recrudescence à l’ombre des désordres induits par la situation d’insécurité que nous avons vécue et il doit être combattu avec la plus grande rigueur ». Face à cette politique répressive, le chef d’Etat déclare qu’il est impératif de mettre en place des mesures idoines susceptibles d’anéantir ou du moins réduire le banditisme et ce, à travers surtout la création de l’emploi. Le chômage est, selon lui, une des raisons ayant engendrées cet état de fait dont souffre la société. Il a également indiqué que des mesures ont été mise en place pour améliorer la situation des détenus et les suivre dans leur réinsertion sociale. « D’une manière générale, les détenus et plus particulièrement les femmes et les enfants mineurs bénéficient de conditions de détention beaucoup plus souples que par le passé » a-t-il avancé. Bouteflika s’est, également, longuement attardé sur le rôle de la justice non seulement dans la consolidation des droits mais aussi dans l’instauration de la paix et la sécurité  » au bon fonctionnement de toutes les institutions de l’Etat. « . La modernisation de l’instrument judiciaire constitue d’après l’orateur une démarche qui urge, eu égard aux multiples rendez-vous internationaux pour lesquels notre pays s’est engagé, à savoir son adhésion à l’OMC et son association à l’Union européenne et également aux évolutions politique, économique et sociale enregistrées sur le plan local. Se conformer aux normes internationales est désormais une évidence à ne pas négliger, dira le président tout en affichant sa satisfaction quant à « l’avancement » des réformes introduites dans le secteur de la justice. Il n’a par contre pas dévoilé tous les tenants et aboutissants de cette démarche ayant, faut-il le souligner, couler beaucoup d’encre. Il s’est contenté de dire que « des progrès ont d’abord été réalisés au niveau normatif. « . Il a fait savoir dans le même sens qu’une vingtaine de textes législatifs ont été introduits dans cette optique. Les réformes réalisées « étaient nécessaires tout à la fois pour inscrire notre dispositif législatif dans le courant du processus de mondialisation du droit et pour accéder aux attentes et aspirations des citoyens à une vie dans une société régie par des lois modernes, renforçant leurs libertés et leurs droits fondamentaux, tout en assurant leur protection contre des phénomènes telles que la criminalité et la délinquance ». Le président de la république a, en outre, exhorté les juristes à encadrer les textes de lois qui seront promulgués dans le cadre de la charte pour la paix et la réconciliation comme il les a interpellé à faire le ménage à l’intérieur des instances judiciaires en dénonçant ceux qui transgressent les lois. De son coté, le ministre de la justice Tayeb Belaiz a déclaré dans son allocution que la justice a enregistré une avancé considérable. En dressant son bilan de l’an dernier, ce dernier a fait savoir que l’effectif des juges sera renforcé de 50% d’ici à 2009. En ce qui concerne l’an dernier, 300 nouveaux juges ont été recrutés. Il a même indiqué que toutes les affaires ayant été enregistrées ont été toutes classées. Pour ce qui est des recours, le premier responsable de la Cour suprême a indiqué, pour sa part, que durant l’exercice 2004 il a été traité pas moins de 29 669 recours contre 17237 en 2003.

Wassila Ould Hamouda