Béjaïa :Imposante marche des étudiants hier – «Halte à la corruption et à la violence à l’université !»

Des milliers d’étudiants de l’université Abderahmane Mira de Béjaïa ont défilé hier, dans les rues du chef-lieu de wilaya pour dire «halte à la violence et à la corruption dans les cités U et lescampus».

Brandissant des pancartes sur lesquelles étaient inscrites leurs revendications, les quelques 8000 étudiants se sont élancés du campus de Targua Ouzemour vers le siège de la wilaya, en scandant des slogans hostiles aux autorités locales, à leur tête le wali. « Le wali, la Police, tout le monde est complice » scandaient, à tue-tête, les manifestants. Devant le siège de la wilaya, les représentants des étudiants qui se sont succédé au micro ont, tour à tour, tiré à boulet rouge sur les responsables locaux, en les accusant de « corruption». « Le wali de Béjaïa et le chef de sûreté de wilaya ont corrompu le groupe qui sème la terreur au sein de l’université », clame l’un d’eux au micro, en précisant que « le point de non-retour a été franchi à tel point que les étudiants ne peuvent plus parler librement». Sur la même longueur d’onde, un autre étudiant a réclamé des sanctions à l’encontre de ceux qui tirent les ficelles. «Ceux qui dilapident l’argent des étudiants et tirent les ficelles doivent rendre des comptes », a-t-il exigé en accusant vertement les directeurs des résidences universitaires 17 octobre et Iryahène d’être à la solde des « voyous ». Dans une déclaration lue devant les manifestants, la Coordination Locale des étudiants tire la sonnette d’alarme : « Il n’est un secret pour personne ! l’université vit une grave crise, un groupuscule d’étudiants et d’extras universitaire, corrompus, sèment la zizanie, le trouble, la peur et la terreur à l’université et dans la ville de Béjaïa en brûlant et saccageant des infrastructures, des résidences, buanderie, salle de sport, chambres de résidents et administrations au sein des résidences universitaires, provoquant panique et désarrois chez les étudiants et les étudiantes, en les faisant sortir de leurs chambres à des heures tardives de la nuit, ainsi qu’en fermant et bloquant les routes, empêchant les étudiants(es) d’accéder au Campus pour passer leurs examens. » Et un autre étudiants lui emboîte le pas : « Les responsables locaux ont enfanté le groupe de casseurs qui sème la terreur à l’université pour mater tout mouvement estudiantin et soumettre les étudiants », a-t-on relevé. Par ailleurs, et pour, qu’une fois pour toutes, la corruption et la violence cessent à l’université la CLE a préconisé « d’élire démocratiquement des comités combatifs et révocables au sein des résidences universitaires qui seront étroitement surveillés par l’ensemble des étudiants ». Emmurés dans un silence de carpe durant toute l’année, quelques élus locaux qui ont voulu marcher aux cotés des étudiants, ont été vite déclarés « persona non grata ». « Il y a eu des actes de saccage, à répétition, durant toute l’année, et aucun de ces élus n’a réagi, alors que nous les avions sollicités à intervenir. Aujourd’hui que les étudiants se sont mobilisés, les voila à la tête du cortège dans le seul but de récupérer notre mouvement qui n’a jamais été le leur » s’offusque l’un des représentants des étudiants. C’est un grand coup que viennent, en effet, de réussir, hier, les étudiants de cette wilaya, mais aussi un grand pas en avant dans la lutte contre la corruption. « Non à la corruption et la violence à l’université » ou encore « pour une université publique, gratuite et de qualité » tels sont, entre autres, les mots d’ordre de la marche des étudiants de Béjaïa, hier, lesquels exigent également  une commission d’enquête « sérieuse » à même de débusquer les corrompus et les corrupteurs.

D. S. et M. H. K.