«Le jeûne est déconseillé aux diabétiques»

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Le Centre Hospitalo-universitaire Nedir Mohamed a abrité avant-hier, les travaux de la deuxième journée de Diabétologie Endocrinologie. 

Le mois sacré du ramadhan étant à nos portes, cette journée vise à informer et prévenir des risques encourus par les patients atteints de cette maladie chronique incurable. Le diabète est un trouble de l’assimilation, de l’utilisation et du stockage des sucres apportés par l’alimentation, cela se traduit par un taux de glucose dans le sang (encore appelé glycémie) et lorsque il est élevé on parle d’hyperglycémie. Le diabète se présente sous formes de diabète (type1), qu’on appelle aussi diabète insulinodépendant ou encore diabète juvénile ou diabète « maigre » qui est une maladie auto-immune. Le diabète de (type1) se définit par la présence d’un excès chronique de sucre dans le sang (hyperglycémie).    Le jeûne est le 4e des 5 piliers sur lesquels l’islam a été bâti et l’obligation de jeûne a été instaurée par la révélation d’un verset du coran, ce qui rend la tache des médecins très difficile, car ce n’est pas facile de convaincre les patients de renoncer au jeûne, même au dépend de leurs santés. Les diabétiques s’exposent, durant le Ramadhan, à un risque accru de complications, c’est dans cette optique que le thème « diabète et ramadan » a fait objet de plusieurs publications d’où de nombreuses diabétiques jeûnent malgré les risques de complication et les contre indications médicales.  Soit parce que les personnes ne se sentent pas malade (la maladie étant silencieuse), soit parce qu’elles ne veulent pas se sentir exclus de la famille ou de la communauté (le ramadan est un moment de partage et de convivialité). Selon l’un des communicant, l’étude qui mérite d’être citée et celle d’EPIDIAR (Epidemiology of diabetes and ramadan), une étude menée en 2001 (sur 13 pays musulmans dont l’Algérie), sur 12243 diabétiques, on a constaté 8,7% DT1 et  91,3% DT2, la pratique du ramadhan concerne 43% des DT1 et 79% des DT2, en conclusion de nombreux diabétiques jeûnent. Cette étude nous permet d’avoir une vue globale sur les caractéristiques et la prise en charge du diabète chez les patients qui jeûnent. Ce que certains diabétiques ne savent pas, c’est que contrairement aux diabétiques de type 2, qui ont un risque moins, les diabétiques de type1 sont particulièrement exposés aux danger éminents de ces complications avec une mise en jeu de leurs pronostic vital, de ce fait le jeûne doit leurs être interdit.  De ce fait, la décision du jeûne doit impérativement faire l’objet d’une discussion entre le médecin et son patient, si ce dernier insiste à jeûner, une éducation appropriée portant sur l’activité physique, l’alimentation, l’auto surveillance glycémique, ainsi que les dosages et horaires de médication est de mise. Il est interdit de jeûner aux diabétiques de type1 (DT2) déséquilibrés, instables, ayant des complications dégénératives, aux diabétiques âgés, aux femmes enceintes ou allaitantes, aux femmes présentant un diabète gestationnel. Il faut impérativement faire des compagnes de prévention et individualisé la prise en charge et l’auto surveillance. La point de vu de la religion a également été débattu en marge des travaux de cette journée, le conférencier s’appuyant sur un verset du saint coran dira « quand le jeûne peut altérer la santé du jeûneur ou quand la personne est malade, l’islam l’exempte de jeûne « Allah cherche à vous faciliter l’accomplissement de la règle, il ne cherche pas a vous la rendre difficile » (Sourate 2 verset 182). Cependant, quand le jeûne peut altérer de manière significative la santé du jeûneur ou quand la personne est malade, l’Islam l’exempte du jeûne.  A l’occasion du ramadan, et selon le Dr S. Aouiche : « il est important de s’informer sur les risques potentiels liés au jeûne, d’expliquer au préalable que le diabète est une maladie évolutive nécessitant des adaptations thérapeutiques régulières, dont les quatre points clés sont une alimentation équilibrée et planifiée si possible, féculant avant et après le jeûne, limitation des aliments sucrés et gras, limitation des lipides (même mono insaturés) et inclure féculents, fruits et légumes, éviter l’exercice intense surtout si prise d’insuline ou de sulfamides privilégie l’exercice en dehors du jeûne, une auto surveillance glycémique pour dépister les hypoglycémies, à  vérifier en cas de malaise et en cas de différents symptômes  tels que la fièvre et ce pour moduler les traitements spéciaux  comme l’insuline. Reconnaître et gérer les situations dangereuses d’hypoglycémie, hyperglycémie, déshydratation (phlébites, dénutrition, ischémies, plaies,….)

Karima Talis

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