Eviter la flambée des prix des viandes durant le Ramadhan

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L’Union Générale des Commerçants et Artisans Algériens (UGCAA) a mis l’accent, hier à Alger, sur le manque de production des viandes rouges et blanches et la non organisation de ces filières, ce qui engendre, selon cette organisation, l’instabilité des prix, notamment en été.

«Depuis la semaine passée, les prix de la viande rouge ont augmenté. Un kilogramme de viande d’agneau est cédé à 1025 DA au marché de gros et à 1035 DA en détail. Durant la première semaine du mois de Ramadhan, les prix augmenteront de 5 à 10%, car la demande en cette période est très forte », a affirmé hier, Ramram Mohamed Tahar, le président du comité national des commerçants des viandes rouges, lors d’un point de presse organisé par l’UGCAA. Même constat concernant les viandes blanches, dont les prix augmenteront à 300 DA le Kg à la même période, selon un propriétaire d’un abattoir de volaille. Face à cet état de fait, le porte-parole de cette organisation syndicale, El Hadj Tahar Boulenouar, a pointé du doit la faiblesse de la production nationale, qui ne satisfait pas les besoins des citoyens. « La production est estimée à moins de  600.000 tonnes par an, alors que la demande avoisine 1 million de tonnes par an. Plus de 80% des matières premières, dont l’aliment de bétail, sont importés », a indiqué M. Boulenouar, qui a mis en cause, en effet, la passivité des collectivités locales et la centralisation de la décision économique, qui empêchent les projets d’investissement dans ce domaine. « On ne peut parler d’un développement national sans mettre en place des programmes de développement au niveaux local », a fait remarquer le conférencier. Par la suite, ce dernier a mis en exergue, également, les abattoirs illicites et le manque de contrôle des circuits de distribution. « La plupart des éleveurs et des propriétaires d’abattoirs sont livrés à eux-mêmes, il n’y a pas un plan d’orientation qui organise le circuit de la production selon les besoins nationaux », a estimé le même responsable. Dans le même sillage,  M. Ramram déplore l’absence d’abattoirs qui répondent aux normes internationales. « Les autorités ont mis en place des mégaprojets pour créer trois grands abattoirs, mais il y a un manque d’infrastructures et des outils d’accompagnement pour les éleveurs », a-t-il dit.  Par ailleurs, le porte-parole de l’UGCAA n’a pas manqué de souligner que l’augmentation des prix des viandes a influencé négativement sur le taux de consommation de ces produits chez les citoyens. « L’Algérien consomme 16 Kgs de viande seulement par an, alors que l’Organisation Mondiale de la Santé recommande un minimum de 25 Kgs par an », a estimé M. Boulenouar.

Samira Saïdj

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