«Maintenant, je songe à un mémorial pour Djaout»

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Le « Carrefour Matoub Lounès » à Tizi-Ouzou est, depuis avant-hier, une réalité officielle. C’est désormais du concret. Un grand show et une grande passion a entouré l’inauguration de la stèle érigée sur les lieux. Beaucoup de monde était présent. Et tout le monde, ou presque, voulaient se mettre au devant… Ce qui a fait un peu désordre et bousculade. Le solennel n’a pas été respecté au mieux, c’est le moins que l’on puisse dire, malgré la présence d’une pléiade de scouts seniors…  Il y a eu beaucoup d’émotion, de sincérité mais aussi une certaine hypocrisie chez certains. Comme dans tout acte à relents politiques. Mais la symbolique a été sauve. Et Malika, la sœur du Rebelle, sa mère et Ouahab Aït Menguellat, le maire de Tizi-Ouzou, qui ont eu l’honneur de dévoiler au monde présent la stèle à l’effigie du barde, garderont certainement pour longtemps l’événement dans leur mémoire. Ils sont, désormais, dans l’histoire de la ville et de Matoub. Comme l’est le wali, Abdelkader Bouazghi, qui a signé l’acte de cette consécration : l’arrêté de baptisation. À La Dépêche de Kabylie, ce dernier a parlé de sa fierté d’avoir contribué à cet aboutissement. « Le plus important est dans les faits. Et ça me réjouit qu’on soit parvenu à l’essentiel. Le combat de Matoub pour la démocratie et contre l’obscurantisme est maintenant consacré sur la place publique. Le message est à la portée des générations montantes. Il les interpelle même. La bravoure qu’il incarnait et la noblesse de son combat ne pouvaient qu’indiquer à mettre en exergue ce repère qu’il constitue pour l’Algérie de demain. C’est une grande fierté d’avoir été parmi ces intermédiaires qui veillent à la transmission du flambeau. Cela me tenait à cœur, dans les tripes, avant tout autre considération, de concrétiser cette reconnaissance. Je n’ai aucune autre satisfaction à en tirer, si ce n’est le soulagement intérieur d’avoir honoré une entreprise qui me tenait à cœur envers un martyr, mais aussi aux générations futures en quête de tels repères ». Ainsi parlait le wali de Tizi-ouzou, Abdelkader Bouazghi, quand il évoquait le sujet. C’est fort, trop fort même, comme propos, pas évident à croire qu’ils sortent de la bouche d’un officiel à l’égard du rebelle. Mais c’est là la confession d’un homme qui permet de mieux comprendre les remerciements publics que lui manifestait Malika Matoub, avant-hier, en marge de la cérémonie. Peu bavard, mais visiblement avide de dire tout son engagement pour la concrétisation de cette stèle, Bouazghi lâchera, presque par inadvertance, que c’est lui-même qui avait imaginé le mémorial et personnellement veillé à son financement et à sa concrétisation… Et ce n’est pas tout. « Il y a un autre grand homme pour qui j’ai très envie de faire quelque chose. Un autre mémorial pour Tahar Djaout me tient tout autant à cœur. Et j’avoue que la date de l’anniversaire de sa mort m’a trahie. Le temps passe vite ! Mais on le fera Inchallah. C’est un serment que je me fais, entre moi et ma conscience », voilà une autre confession d’un wali qui dit aspirer vraiment à changer Tizi-Ouzou : « Je reconnais qu’il y a des manques, de mauvaises habitudes se sont incrustées, et ce n’est pas évident de tout changer en un court laps de temps. Mais la machine est en marche. Je ne cherche pas les honneurs. Mais juste du temps pour travailler ».

D. C.

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