Soirées moroses en ville

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Dans les quatre coins de la ville du Piton, l’activité culturelle est renvoyée, semble-t-il, aux calendes grecques, notamment durant ce mois de Ramadhan.

Et pourtant la commune d’Akbou recèle d’énormes potentialités. Près de 100 000 habitants, une manne financière considérable avec un budget annuel de près de 83 milliards de centimes, une superficie immense s’étend sur 52,18 km². La ville d’Akbou, avec toutes ces potentialités, offre, en revanche, une image d’une ville morte où les jeunes trouvent du mal à vivre pleinement leur jeunesse et trouver leurs marques dans la société. L’organe communal « Alliance » à qui incombe la tâche d’organiser des fêtes, des soirées et galas, après des années de léthargie, a repris du service, depuis le 05 juillet dernier, mais sans pouvoir, jusque là prendre l’initiative de ranimer la vie nocturne des akbouciens. Hormis quelques activités animées par des associations ancrées dans la région, rien ne fait le bonheur des milliers de familles. En outre, des coupures d’électricité agaçantes ont ainsi compliqué la vie de ces habitants, durant ces jours caniculaires remettant en les engagements du premier responsable de la SONELGAZ qui a promis « la fin du délestage » en cette saison estivale. D’ailleurs, il suffit de faire un tour du côté de la nouvelle ville, notamment au quartier du Stade, tout près du lycée Hafsa, pour rencontrer des groupes de jeunes désœuvrés et livrés à eux-mêmes. Des jeunes qui n’ont que les murs pour s’y adosser toute la journée, ne sachant quoi faire de leur temps. Pour ceux qui ont un talent ou un don caché il s’avère très difficile de l’exploiter vu le manque effroyable de centres de loisirs, de médiathèques ou de centres culturels. Sur le volet sportif, le conseil communal des sports a brillé jusque là par son absence, alors qu’on était habitué à des manifestations sportives en période estivale. Durant la première semaine de ce mois de Ramadhan, seules, les mosquées et les cafétérias connaissent une grande affluence. Dans le volet des divertissements, le programme est tout simplement inexistant. Mises à part, quelques activités animées en général, par des associations culturelles, il n’y a aucun affichage d’activités culturelles ou autres durant ce début du mois sacré. Pour preuve, l’unique salle de cinéma de la ville est reconvertie, faute d’activité en une gargote cédant ainsi sa vocation culturelle et éducative au commerce. En effet, selon le vice P/APC, M. Iskounène, l’APC d’Akbou a autorisé à des jeunes chômeurs d’exploiter, uniquement, la cafeteria annexée à la salle pour vendre des « sandwiches » juste après la rupture du jeûne. « La salle est disponible, à tout moment, pour n’importe quelle activité », dira le P/APC. Interrogé sur l’inertie et l’incapacité de la commune d’organiser des soirées, notre interlocuteur estime que la plus part des chanteurs demandent assez d’argent. « On avait prévu un programme d’organisation de soirées artistiques durant ce mois sacré mais, hélas, certains artistes demandent et exigent des sommes d’argent faramineuses. On pense, d’ailleurs, inviter les troupes et les artistes locaux pour animer des soirées dans les prochaines jours », ajoutera-t-il.

Menad Chalal

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