FLN : Le parti s’enlise dans des conflits d’intérêts – Le retour de Bouteflika n’a pas réglé la crise

Comme si le parti du FLN pouvait se permettre une autre crise, le voilà qui s’enlise dans une spirale qui ne dit pas son nom

Pourtant, selon les dires de beaucoup de membres du CC, la situation de crise que vivait le FLN allait connaitre son épilogue dès le retour du président aux commandes. Mais au lieu de voir la stabilité revenir, à quelques mois des présidentielles, voilà qu’un autre événement vient secouer les arcanes du parti avec tout ce que cela suppose comme levers de boucliers et batailles rangées. En effet, l’installation d’un nouveau chef à la tête du groupe parlementaire du parti, en l’occurrence Mohamed Hadj Lebid, œuvre du coordinateur du parti Abderrahmane Belayat, a fait soulever beaucoup de remous dans les rangs du parti. Parmi les membres contestataires, figure Boudjemaâ Haïchour, ex-ministre des télécoms et figure de proue du mouvement des redresseurs. Pour ce dernier, que nous avons joint hier, « la prochaine échéance électorale est à l’origine de cette situation que nous regrettons ». Selon lui, il existerait des clans au sein du parti qui se « chamaillent » avec comme unique ambition de dresser des blocages afin que le candidat soit de leurs rangs. Toujours critique au sujet de la situation qui perdure au sein du parti, notamment à propos de la représentativité de Belayat, Haïchour n’a pas changé d’attitude en avançant que l’article 10 des statuts du parti est on ne peut plus clair à ce sujet : « Lorsque le secrétaire général du parti est démis de ses fonctions par l’urne, le BP est automatiquement dissous. À partir de là personne n’est légitime, et encore moins les membres du BP. Ceci pour dire qu’aussi bien Belayat que les autres membres sont dans totale imposture et qu’il ne leur est pas permis de continuer à siéger au sein du BP au lendemain de la destitution. Mais, ils peuvent, néanmoins, siéger uniquement en qualité de membres du CC ». Par ailleurs, si auparavant on parlait de pro et d’anti Belkhadem, aujourd’hui, la situation a pris une autre tournure. On parle plutôt de pro et d’anti Belayat. Ceci pour dire que finalement, la crise au sein du plus vieux parti n’est pas due à la présence de Belkhadem au poste de SG, mais que ce n’était, au bout du compte, que l’arbre qui cachait la forêt. Aujourd’hui, Belayat est au centre des débats. Il a ses alliés et ses opposants. D’un côté il est indésirable pour ceux qui l’accusent de vouloir rester à la tête de cette formation politique en entravant le processus de l’élection du successeur de Belkhadem. Et, bien évidement, ses proches qui soutiennent ses thèses. Entre ceux qui le soutiennent et ceux qui le contestent, une autre guerre vient se déclarer faisant, du coup, oublier, aux uns et autres, un Belkhadem, dont l’ombre a toujours plané sur le parti. Il est tout à fait clair que cet épisode ne fera qu’affaiblir davantage le FLN, au moment où le resserrement des rangs devient inéluctable. C’est pourquoi, tout porte à croire que le «FLN » ne semble pas sur le point de sortir de l’auberge. Pire encore, la situation ne cesse de se compliquer rendant la mission de trouver une solution susceptible d’arranger tout le monde impossible. Quant au coordinateur Belayat, il semble s’y plaire en donnant tout l’air de vouloir demeurer en place jusqu’à la tenue de la prochaine élection présidentielle.

Ferhat Zafane