Portrait : Il excelle dans la confection des fontaines – Ramdane Aouana, un maître décorateur

S’il est vrai que la fontaine a toujours été un élément central dans la culture de la région de Kabylie, elle fut rarement objet d’une spécialité. Ramdane Aouana, artiste décorateur s’en est pourtant fait une spécialité. Âgé de 47 ans, cet artisan qui habite le village Arvi, dans la commune d’Iflissen, en Kabylie maritime, a débuté sa carrière en qualité de maçon. Ramdane après quelques chantiers en maçonnerie a décidé de mettre ses talents d’artiste au service des fontaines. Sculpteur amateur, bricoleur dans ses moments de détente, la tâche n’est pas pour lui déplaire. Sa technique est la suivante. Il utilise de la poussière de pierre qu’il mélange au ciment blanc. Il mettra ensuite le temps qu’il faudra pour façonner une fontaine grandeur nature en prenant le soin de la doter auparavant d’un système électrique (pompe) et d’un circuit de tuyauterie pour acheminer l’eau en calculant toutes les cascades. Résultat : une fontaine couleur ocre, que l’on dirait sculptée sur roche. Il met parfois, à la demande du client, ‘’un coup de vieux’’ à son œuvre, en mariant et mélangeant subtilement les couleurs. De réalisation en réalisation, il fut remarqué par le milieu de la culture de Tizi-ouzou. La maison de la culture Mouloud Mammeri lui offre un stand pour exposer ses modèles de fontaines, d’abord en septembre 2012, puis en avril 2013. Il est particulièrement fier des diplômes qu’il y a obtenus. En plus des fontaines, Ramdane s’est également mis à la réalisation des aquariums en verre pour poissons d’eau douce. Là aussi son art de reconstitution des fonds marins fait merveille. Le mariage des lumières par combinaison de différentes lampes de couleurs ravit les yeux. Plusieurs de ses œuvres égayent déjà un bon nombre de salons. Rencontré lors d’une exposition à Tigzirt sur mer, en juin dernier, il nous confia, humblement, qu’il préférait laisser parler son art. Pas très porté sur les discours, notre artiste ne vit que pour son art qu’il fait, lui, très bien.

Zahir Fellas