Plus de 90% des opérations et des projets alloués à la wilaya de Tizi-Ouzou ont été lancés.
Ce taux a été dévoilé hier, par le premier magistrat de la wilaya, M Abdelkader Bouazghi, lors d’une conférence de presse. Une conférence qui intervient au lendemain des auditions par le wali de différents directeurs de l’exécutif. Des rencontres ayant eu pour objectif l’évaluation de l’avancement des multiples chantiers engagés. Une évaluation que M. Bouazghi estimera de “satisfaisante” vu le taux d’avancement global du programme. « Les 10% restants du programme, non encore lancés, ne représentent que quelques opérations résiduelles, qui butent, pour la plupart, sur le manque d’assiettes foncières pour leurs réalisations, »plaidera t-il. Passant en revue certains secteurs, celui des travaux publics semble bien le satisfaire avec plus de 60% de taux de réalisation des projets dont il a bénéficié. Il citera en exemple les 500 opérations inscrites dans le domaine du logement, et signalera au passage que la gestion de tels projets a requis une enveloppe financière de 100 milliards de dinars, investis globalement dans des programmes déjà lancés en majorité. Le wali n’a pas manqué lors de son intervention, de signaler que certaines opérations étaient ultérieures au programme actuel, citant le cas du secteur de l’éducation et de la réalisation d’établissements scolaires. Cette dernière opération compte des projets qui datent pour certains malheureusement de 2004 et de 2006, notamment dans les localités de Tizi-Rached et Souk El Tenine. C’est dire que ça a piétiné quelque part par le passé. M. Bouazgui soulèvera néanmoins la nouvelle dynamique qui a permis de relancer tous ces projets bloqués, en même temps que ceux nouvellement inscrits à l’indicatif de l’année en cours. Une liste de nouveaux projets, en voie de réalisation a été énuméré et compte pas moins de 42 établissements scolaires, dont 21 lycées et le même nombre de CEM.
«2013 est une année charnière pour Tizi-Ouzou»
Le secteur de l’hydraulique est caractérisé par la même dynamique, dira le wali qui confirmera que le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, a accordé à ce secteur une rallonge financière pour la prise en charge des deux glissements de terrain localisés à Azeffoun et Tigzirt, de près de 150 millions de dinars. Le wali a aussi évoqué la création du pôle d’excellence de Oued Falli. Un pôle prévu pour accueillir pour rappel plus de 5 000 logements. M. Bouazgui affichera, cependant, sa surprise au sujet de la demande, beaucoup moins importante que supposée, et invitera les citoyens à formuler des demandes en vue de bénéficier de logements au niveau de cette nouvelle-ville qui se profile à l’horizon. Une ville qui ne manquera pas d’activité surtout avec la programmation de projets d’équipements sur lesquels le wali ne manque pas d’insister. Il citera, en effet, le projet du nouveau Centre Hospitalo-universitaire de 5 000 lits, accordé par le Premier ministre lors de sa visite à Tizi-ouzou. Il parlera aussi de la salle de spectacle, du siège de la direction des douanes, d’un institut de formation professionnelle d’établissements scolaires et d’une piscine, entre autres projets. « Des projets à mettre sur pied au plus vite, en consommant les budgets alloués à chacun d’entre eux, dans les délais voulus, »insiste t-il. A ce sujet, le wali révélera que, Tizi-Ouzou est passée de 13 milliards de dinars consommés en 2010 à 30 milliards pour cette année. Ce qui lui fera dire que l’année 2013 constitue une « année charnière » pour la wilaya de Tizi-Ouzou. Au chapitre des regrets, M. Bouazghi soulèvera le projet du stade de 50 000 places qui traîne et du barrage de Souk Tléta pour lequel une conséquente enveloppe a été pourtant débloquée, mais qui n’avance pas à cause du blocages des expropriés qui se montrent très exigeants. Mais il ne désespère pas de relancer le mois de carême.
«L’environnement, un véritable problème !»
Toujours au chapitre des déceptions. « L’environnement est un véritable problème dans la wilaya de Tizi-Ouzou. D’ailleurs parfois je me retrouve seul à lutter, usant de toutes mes forces pour trouver le moyen d’améliorer les choses ! », Regrettera M. Bouazghi, quand il évoquait cet autre sujet qui le fâche. « C’est vrai que compte tenu du relief de la wilaya de Tizi-Ouzou, il est difficile d’améliorer les choses, mais ce n’est toutefois pas impossible, » dira t-il. Il a également dénoncé les comportement de certains citoyens : « Récemment, j’ai vu un jeune conducteur de camion qui vidait sa benne pleine de déchets, au niveau de la route qui mène vers Tigzirt. Quand vous voyez ce genre de comportement, vous êtes profondément déçu. Je me demande d’ailleurs, combien de personnes commettent ce genre d’infractions dans la journée», s’est il interrogé en précisant toutefois qu’il n’était pas de son intention de stigmatiser le citoyen. Il ajoutera : « Les perturbations enregistrées au niveau du service de la voirie de Tizi-Ouzou est sans doute un peu à l’origine du problème. A plusieurs reprises, pour nettoyer la ville, nous nous sommes retrouvés dans l’obligation de recourir à d’autres moyens. 47 actions de volontariat ont été organisées, un week-end sur deux. » M. Bouazghi indiquera aussi que « nous ne pouvons pas parler d’environnement sans aborder le sujet des CET. Dans ce domaine aussi je me retrouve seul, face à des oppositions. Citons le cas du CET qu’on devait réaliser au niveau de Mizrana. Et bien à cause des oppositions on a dû nous rabattre sur El-Kalaà pour réaliser un CET intercommunal pour cinq communes. Idem à Boubhir, où les citoyens avaient brûlés les engins de l’entreprise réalisatrice. Les pertes ont été estimées à 4 milliards de dinars. Je me demande où étaient passés les élus communaux concernés ? ». Le premier responsable de la wilaya de Tizi-Ouzou estime pourtant que « les CET sont la seule et unique issue pour faire face à cette situation. » « L’environnement nous tient à cœur. Nous sommes là pour prendre en charge les propositions qui apporteront un minimum d’amélioration », a-t-il clos le dossier. Dans le domaine du transport, M. Bouazghi a indiqué que le projet du téléphérique était en bonne voie, tout en promettant de se pencher sur un éventuel projet de tramway. La pénétrante, c’est aussi en bonne voie, plaidera t-il. Il annoncera que les grands travaux débuteront dans trois à quatre mois. « La pénétrante traverse un terrain public. Nous espérons ne pas rencontrer de contraintes. Environs 5 milliards de dinars ont déjà été investis. L’expertise foncière a été faite. Maintenant, nous sommes dans la phase chantier du projet. Je suis très content car je sais que ce projet sera bien encadré. Car il aura un impact réel sur le développement et la fluidité du trafic », a-t-il dit. Dans les projets qui touchent le secteur de la santé Bouazghi avoue « qu’il y a un retard dans la réalisation du projet du centre anti-cancer (CAC) de Draâ Ben Khedda. J’estime qu’il y a une complaisance. Car il a bien démarré. Maintenant, le personnel est présent. L’administration existe. Le seul problème qui se pose est celui de l’équipement. Mais je peux vous assurer qu’il sera fonctionnel d’ici la fin de l’année en cours », a-t-il lancé. Il enchaînera avec les deux zones industrielles attribuées à la wilaya : « Sur les 8 zones industrielles retenues au niveau national, deux ont été attribuées à la wilaya de Tizi-Ouzou, dont une à Souamaâ. Cette zone peut être un véritable levier pour la région », affirmera-t-il. Selon le premier responsable de la wilaya de Tizi-Ouzou, le raccordement en gaz a atteint les 60 % ». Il précisera que si le programme restant est réalisé dans les délais, le taux atteindra les 80 % d’ici la fin de l’année.
Tassadith Ch et Samira Bouabdellah

