Les habitants du chef-lieu de la commune d’Aïn Bessam, à une vingtaine de kilomètres à l’ouest de Bouira, sont privés d’animation culturelle, durant ce mois de Ramadhan. Aucun programme culturel, ni artistique, n’a été préparé par les services concernés.
Déambuler dans les rues de la ville, semble être la seule distraction pour la plupart des familles bessamies. Au fil des jours, de plus en plus de monde sort, mais aucune attraction n’est disponible pour accueillir tout ce beau monde. Après le f’tour, la majorité des gens mettent le cap sur les cafés où ils ont l’habitude de rencontrer des amis avant de se diriger vers la mosquée pour accomplir la prière du tarawih. Une fois ces lieux vidés, la ville, elle aussi, se désemplit petit à petit. En l’absence d’animation dans les grandes artères et dans les salles des fêtes, les gens repartent s’enfermer chez eux. Durant ce mois de jeûne, le citoyen d’Aïn Bessam a le choix de passer des heures entières à palabrer avec des amis dans les cafés ou rentrer chez lui et aller se mettre en face du petit écran.« Excepté les cafétérias, les salons de thé les foires, il n’y a rien d’autre qui puisse nous distraire. Après la prière du tarawih, les familles sortent pour acheter des glaces, puis hop… à la maison. À minuit, Aïn Bessam redevient déjà ville morte », dira Fodil, un père de famille. « Je monte rarement en ville, car il n’y a rien à voir. Je marche un peu avec les copains, histoire de prendre de l’air et de digérer. Ensuite, comme on a pas le choix, on prend d’assaut les cafés où on joue au domino et aux jeux de cartes. Depuis plusieurs années, aucune animation culturelle ou artistique n’a été programmée à Aïn Bessam durant le mois de Ramadhan», dira Hamid un résident du quartier Aradh Saleh. Les cafétérias, affirme-t-on, sont l’unique refuge pour la masse juvénile.
La maison de jeunes Malek Bouguermouh a été fermée pour son réaménagement, apprend-on.
Interrogé sur ce sujet, le président d’une association théâtrale locale explique cette carence d’activités culturelles par le manque de moyens financiers. « La principale maison de jeunes de la localité est actuellement fermée pour des travaux de réaménagement. C’est bien dommage, cette structure est équipée d’une cafétéria, d’un cybercafé et d’une salle de cinéma », affirme notre interlocuteur, avant d’ajouter : « Malheureusement, nous n’avons pas pu programmer des galas et des pièces théâtrales. Nous manquons gravement de moyens financiers. Nous sommes en fin d’exercice. Nous ne pouvons pas payer les cachets des chanteurs». Pour ce dernier, les responsables de la direction de la culture et de la DJS de la wilaya doivent contribuer à l’aide des associations locales.
Oussama K.

