Trottoirs squattés et concurrence déloyale !

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Le commerce informel persiste à Béjaïa. Ces derniers jours notamment, ce sont pratiquement tous les trottoirs du chef-lieu de wilaya qui sont squattés à nouveau par des marchands occasionnels. Les services habilités à combattre ce commerce, tant décrié dans les discours officiels, semblent impuissants face à la détermination de ces cohortes de jeunes revendeurs qui n’hésitent pas à brandir la menace du chaos, si leurs marchandises venaient à être saisies ! Les habitants du chef-lieu et les vacanciers trouvent du mal à se frayer un passage, même sur des trottoirs carrément ‘’réquisitionnés’’ par ces marchands envahissants. « C’est quand même aberrant, laissez-nous passer », s’exclame une dame, slalomant  pour éviter de marcher sur des vêtements étalés sur le trottoir jouxtant le lycée polyvalent. Et c’est le cas sur pratiquement tous les passages piétonniers du chef-lieu de wilaya de Béjaïa, où le moindre espace est illégalement occupé par ces revendeurs occasionnels. Un  revendeur de vêtements, installé non loin de la maison de la culture Taos Amrouche, s’est même permis le luxe d’éclairer son ‘’commerce’’ à l’aide d’un transformateur électrique. « Ils veulent tous profiter de cette période précédant l’Aïd pour se remplir les poches. Et peu importe les moyens », dénonce un jeune commerçant, en regrettant l’inertie des services de la DCP qui, ajoute-t-il, n’interviennent pas pour mettre un terme à l’anarchie. « J’ai cru comprendre qu’il y avait trente brigades itinérantes qui sillonnent le territoire de la commune de Béjaïa. Mais alors où sont-elles et que font-elles pour enrayer cette concurrence déloyale, sachant que ces revendeurs n’ont aucune charge ? », s’exclame un commerçant riverain. D’autres jeunes revendeurs de jouets ‘’made in China’’ créent un désordre indescriptible, en voulant imposer presque leurs produits, de surcroît d’une qualité douteuse, aux passants qu’ils harcèlent. Bousculant  femmes et enfants,  ils cavalent dans tous les sens en faisant leurs démonstrations. « Ce sont des gamins qui ne prennent pas la mesure de leurs actes », commente un vieillard qui venait d’être  mis à terre par un jeune revendeur de ces gadgets à Aamriw. Pour ces trabendistes, tous les moyens sont bons pour grappiller quelques sous, quitte à enfreindre la loi et à nuire à la quiétude des promeneurs. Pourtant parmi les instructions données par le Premier ministre aux walis, figure celle d’éradiquer le commerce informel, notamment durant ce mois de Ramadhan. Sur le terrain, il n’en est rien ! Même si le diagnostic et la stratégie pour enrayer le commerce informel aux quatre coins du pays sont établis depuis longtemps, il n’en demeure pas moins que les moyens de leur mise en application tardent à venir. Au chef-lieu de wilaya, par exemple, les travaux de réalisation d’un marché à Sidi Ahmed, où les box sont destinés à recaser ces as de la débrouille, s’éternisent. Et les autres locaux commerciaux, construits à coups de milliards à Sidi Ali Lebhar, ne seraient pas conformes aux règles d’une quelconque activité commerciale. Résultat : ils ne trouvent pas preneurs !

D. S.

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