M’Kira : Elle est prévue le jour de l’Aïd à travers plusieurs villages – Timechret ressuscitée

En effet, il y a quelques jours, des comités de villages ont procédé à l’achat de quelques têtes d’ovins pour faire ‘’Louziâa’’ le jour de l’Aïd. « C’est  le moment de revenir à cette pratique noble que nous ont léguée nos aïeuls. Cette « Louziâa » sera une occasion pour un grand rassemblement de tous les villageois. Une occasion de pardon et de réconciliation autour d’une opération de partage et de solidarité. Les moutons seront sacrifiés et la viande partagée entre tous les habitants du village, sans exception », nous déclare Aami  Slimane. Dans certains villages, comme dans celui de Taramant, ce rituel est basé sur ‘’Thimouzounine’’, c’est-à-dire que les parts sont établies selon le nombre de personnes dans la famille. En revanche, dans d’autres villages, les parts sont fixées à un prix de base par rapport au prix d’achat des moutons, puis chaque villageois réserve sa part selon ses possibilités. « Chez nous, à Taramant et Iloulitène, nous procédons selon un calcul simple. Nous réservons un morceau de viande pour chaque membre de la famille, du bébé qui vient de naître jusqu’au plus vieux. Il n’est pas juste qu’une famille de dix ou quinze personnes ait la même part que celle composée de deux ou trois individus », nous confie Amar, un membre  actif du comité et président d’une association. Il nous dira que le travail est des plus fastidieux. Il nécessite la contribution de tout le monde. Il n’est en effet pas aisé de constituer plus de cinq cents (500) parts égales. « Dans la répartition des parts, toutes les parties du mouton sont comprises : la viande, la graisse et les abats. La tête ou ‘’Bouzelouf’’, quant à elle, est vendue aux enchères », nous confie encore notre interlocuteur. Dans cette tradition, qui est symbole de solidarité d’union et de partage, les démunis ne sont pas oubliés. Les veuves, les orphelins et les malades ont leur part. « Il est vrai qu’avec le prix actuel de la viande, certains citoyens ne peuvent se payer 2 kg de viande, le jour de l’Aïd », ajoutera notre interlocuteur. Il nous expliquera que « Louziâa » est une action sociale où des gens aisés assument le prix des parts des plus démunis. Il est même fait des facilités pour certains autres, auxquels on permet de ne payer leur part que quand leurs moyens le leur permettront. Après la vente de leur huile par exemple, ils pourront verser l’argent au trésorier du comité de village.

Essaïd Mouas