L’association des trisomiques suspend ses activités

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Comme beaucoup d’associations activant dans différents secteurs à Tazmalt, l’association de wilaya pour l’insertion scolaire et professionnelle des trisomiques de Béjaïa ne possède pas de siège. Ses membres rencontrent les plus grandes difficultés à mener à bien sa mission d’aide à cette frange démunie de la société. Créée en mai 2012, l’association, qui a frappé à toutes les portes pour bénéficier d’un siège, se retrouve aujourd’hui hébergée par l’association des diabétiques de Tazmalt. « Jusqu’à présent, nous n’avons pu réaliser aucun de nos objectifs à cause de ce problème. Pourtant nos malades ont un besoin des plus urgents d’être pris en charge », nous a dit, désemparée, la présidente de l’association. Elle ajoutera : « nous ne comptons que 20 trisomiques dans notre association, mais leur nombre est beaucoup plus grand au niveau de la wilaya. Nous avons besoin d’un siège pour en prendre en charge le plus possible ». Notre interlocutrice nous explique la trisomie 21 n’est ni une maladie mentale, ni une maladie chronique. C’est une résultante d’une anomalie génétique du chromosome 21 d’où son nom. La présidente de l’association poursuivra : « Le trisomique a besoin d’une prise en charge dès le premier âge. Il naît avec un retard mental et psychomoteur, d’où la nécessité de lui faire remonter, un tant soit peu, ce handicap, à travers un suivi psychologique, orthophoniste, pédagogique, et médical le cas échéant ». Elle nous dira également que les parents devraient consentir plus d’efforts, afin d’insérer dans la famille et la société leurs enfants, sans tabou, ni honte. Ces handicapés peuvent suivre un cursus scolaire, même si c’est dans un cadre spécialisé comme stipulé dans une note ministérielle, qui rend obligatoire la scolarisation des handicapés en général, et des trisomiques en particulier, nous apprend notre même source. Malheureusement, beaucoup d’entre eux ne bénéficient pas de cet avantage, qui leur est crucial dans leur vie. La raison en est que beaucoup de parents croient que leurs enfants ne peuvent pas être scolarisées. Par ailleurs, et malgré l’existence des centres pour inadaptés mentaux dans la wilaya de Béjaïa, la présidente, qui est orthophoniste de formation, déplore le fait que les trisomiques ne sont pris en charge, dans ces structures, qu’à partir de l’âge de 6 ans. Le suivi devrait commencer dès la naissance. Il faut stimuler leurs sens et leur apprendre le langage. Les trisomiques ont la plus grande difficulté à articuler les lettres et les mots, d’où la nécessité d’un suivi orthophonique précoce, nous précisera notre interlocutrice.

Syphax. Y.

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