Commémoration Témoignage d’Aït Ahmed Ouali sur Abane Ramdane – «On lui doit même l’idée de l’hymne national»

La maison de culture Mouloud Mammeri a abrité hier, une conférence débat sur le congrès de la Soummam, animée par le président de l’association des moudjahiddines de Tizi-Ouzou, M. Aït Ahmed Ouali, en présence d’un public nombreux.

Le conférencier est remonté dans l’histoire jusqu’au déclanchement de la révolution retraçant ainsi le parcours du grand Moudjahid que fut Abane. «Même s’il était en prison quant la guerre à éclaté il était au fait de ce qui allait se passer. Il avait informé sa famille de remettre sa ronéo aux maquisards et c’est cette machine qui a été dépêché à Ighil Imoula pour servire à la rédaction de la déclaration du 1er novembre »

« Abane était sans conteste le pilier du congrès de la Soummam » soulignera Si Ouali. « C’est un certain 20 août 1956 aux village d’Ighbane et d’Ifri dans la commune d’Ouzellaguen que ces travaux ont eu lieu en présence de Ben M’Hidi représentant de l’Oranie comme président de séance, Abane Ramdane représentant le FLN comme secrétaire de séance, Ouamrane Amar pour l’Algérois, Krim Belkacem pour la Kabylie et Zirout Youcef pour le nord Constantinois et Ben Toubal adjoint de Zirout Youcef… » Le conférencier insistera sur le fait que l’invitation pour prendre par aux travaux du congrès a été lancée en direction de tous les dirigeants que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur. Les membres absents étaient Mustapha Ben Boulaid tombé au champ d’honneur quelques jours avant le congrès. Il devait être le représentant des Aurès. Si Cherif le représentant du sud s’est excusé en adressant un rapport au congrès. Selon Si Ouali aucun congrès n’équivaut à ce congrès de la Soummam par son importance et les décisions prisent lors des travaux. C’est l’acte fondateur de l’état algérien. C’est lors de ce congrès que Krim Belkacem a remis des sommes importantes pour les besoins de la lutte. L’argent a été amassé lors de la célèbre opération « l’oiseau bleu ». Il a été remis aux représentants de chaque zone. A peu près c’était l’équivalent de plus de 350 millions de franc. Entre autres idée ingénieuse du stratège que fut Abane, des tractes distribué aux intellectuelles pour les faire rallier à la cause, organisation toujours dans le cadre de l’unité lettre ouverte au peuple français pour expliquer les raisons profondes de cette guerre qui n’est autres que la liberté… Lors des travaux de ce congrès les attaques du 20 août sur des civils français ont été condamnées. Le conférencier rappellera que le génie d’Abane ne se limitait pas à l’art de la guerre, et l’hymne national algérien est le plus bel exemple. « L’hymne natioanl de l’Algérie, c’est à Abane que nous le devons, ce fut une proposition de Abane Ramdane lors des travaux du congrès. Il avait décidé qu’il fallait à l’Algérie un hymne national digne de sa grandeur et de sa glorieuse. C’est à cet effet qu’il a pensé au grand poète engagé Moufdi Zakaria, militant de la cause national de la première heure. Moufdi Zakaria était en prison mais dès sa sortie, il s’est attelé à la tache donnant naissance à un chef d’oeuvre de poésie à la gloire de nos martyrs.

Karima Talis