L’APC MPA, depuis décembre 2012, métamorphose Alger-centre – Abdelhakim Bettache, un maire qui aime sa ville

Il est des signes qui ne trompent pas. Et des attitudes qui montrent que le président d’APC d’Alger-centre, élu du parti du Mouvement Populaire d’Algérie, est un maire pas comme les autres.

La porte de son bureau, situé en face de la statue de l’Emir Abdelkader, n’est jamais fermée au public. Sa simplicité et son dévouement pour ses administrés n’ont d’égale que sa propension à se mettre à l’écoute du citoyen venu espérer le rencontrer, quitte à attendre le temps qu’il faudra. Mais, à sa grande stupéfaction, le préposé à la réception le conduit tout droit vers son bureau pour ne ressortir qu’après avoir « vidé son sac » et admis que cette fois-ci, son problème si non-résolu, au moins il sera connu des responsables de sa commune. Hakim Bettache est ainsi fait. D’ailleurs, il n’est pas impossible de le rencontrer attablé à une terrasse de café de la rue Didouche Mourad ou de la rue Larbi Ben Mhidi, en grande conversation avec des jeunes, excités de pouvoir enfin côtoyer de près celui qui préside aux destinées leur commune dont ils attendent beaucoup, que ce soit en matière de logement, d’emploi ou tout simplement de loisirs. Trois axes fondamentaux devenus chimériques du temps du prédécesseur. Ancien membre du RND, il a rejoint le MPA de Amara Benyounès après avoir fait partie du mouvement de contestation contre le SG du RND, M. Ahmed Ouyahia. « Après avoir été rejeté par Ouyahia, dont j’ai dénoncé le comportement au sein du parti, j’ai intégré le MPA, où je retrouve mes principes et mes anciens camarades d’avant 1988 », a-t-il précisé. Si son élection à la tête de la commune d’Alger-centre avait suscité une certaine polémique parmi les citoyens, en raison, peut être, des réflexes du passé qui veulent qu’une commune comme Alger-centre n’échapperait jamais aux mains des partis dits « ténors », il se trouve, en revanche, que le concerné lui-même n’en trouve rien à redire en argumentant comme suit : « L’élection s’est déroulée dans une salle de réunion de l’APC, en présence du wali délégué du procureur de la République, d’un huissier de justice, du chef de Sûreté de daïra et bien sûr, des 23 élus. L’urne utilisée était transparente. Comment voulez-vous qu’il y ait eu fraude ? Moi, je vous dis que l’élection de l’Assemblée populaire communale s’est déroulée dans de bonnes conditions et en toute transparence, selon les règles et conditions dictées par les législations et réglementations en vigueur ». Sur de lui et prêt à faire valoir ses arguments, le maire d’Alger-centre ne semble avoir qu’un seul souci : l’amélioration du cadre de vie de ses administrés et redorer le blason d’Alger.

«Le rôle des comités de quartiers est primordial pour le développement de la commune» 

 

Et pour se faire, il n’y a rien de mieux qu’un travail en collaboration avec le mouvement associatif et les comités de quartiers. Il l’explique lui-même : « Ce travail avec les associations et les comités de quartier est incontournable. C’est indispensable pour le développement de la commune. Et cette manière de faire ne date pas d’hier. Bien au contraire, j’ai toujours agi ainsi bien avant que je sois élu maire. Je vous rappelle que j’étais vice-président dans l’ancienne assemblée et avant cela, j’étais délégué à Telemly. J’ai toujours associé le mouvement associatif et les comités de quartiers aux dossiers concernant les citoyens de la commune. Toutefois, et je le dis par expérience, je pense qu’il y a un travail à faire pour une meilleure efficacité de cette collaboration. Je pense que des programmes doivent être élaborés et des séances de travail organisées à l’avenir pour former et perfectionner ces associations. Je le répète, le rôle du mouvement associatif dans le développement de la commune est incontournable ».

 

«Reloger les nécessiteux de la commune ? Je suis très optimiste ! »

 

Concernant le logement social, que beaucoup de familles résidant la commune attendent désespérément, Abdelhakim Bettache reste très optimiste quant à leur relogement. « Cela ne fait pas une année que nous avons distribué 440 logements sociaux. 400 sont à 100% sur le budget de l’APC. Les 40 autres, nous ont été affectés par la wilaya. Évidemment, pour ce qui reste, on va faire dans la continuité. On va chercher des terrains pour achat et réaliser de nouvelles constructions. Aussi, nous sommes très optimistes en la matière, vu le nombre important des réalisations projetées par la wilaya dans ce domaine. Le wali a donné récemment un chiffre de plus de 70 000 logements. C’est considérable », a-t-il fait savoir, tout en avançant que cela se fera dans la totale transparence.

 

«La vie nocturne à Alger, un pari fou ! Mais j’y  tiens»

Son pari est presque fou dans une ville où les habitants ont depuis longtemps développé le réflexe casanier de rester chez soi après les heures de travail. Mais c’est en feu-follet qu’il entend le relever en enchaînant les opérations de réhabilitation et d’aménagement de lieux publics, salles de cinéma, clubs dont le café théâtre entre la rue Didouche et la rue Hamani, une ancienne pissotière qu’il a transformée en lieu convivial où l’on vient deviser de tout et de rien aux sons de la musique. Installé en décembre 2012, Hakim Bettache avait révélé un ambitieux projet visant à redorer le blason de la capitale et faire revivre les nuits algéroises. Les commerces des artères principales de la ville : Didouche Mourad, Audin, Asselah Hocine, Khetabi et enfin Larbi Ben M’hidi, devront réhabiliter leur devanture. Les cafés et terrasses seront désormais tenus d’ouvrir jusqu’à minuit et de se munir du Wi-Fi. Depuis le 30 juin, date butoir de l’injonction faite aux commerçants en ces termes : « les commerces devront revenir à la façade initiale, soit une plaque de marbre de 80 cm et une enseigne lumineuse dans le but de mettre en valeur les motifs des immeubles ». Les rues de la capitale ont pris d’autres couleurs, malgré les réticences de certains commerçants adeptes du moindre effort. Une remise en état qui devrait coûter moins de 100 000 DA à la charge des commerçants. « Une convention avec un bureau d’études a été signée pour accompagner les commerçants dans le réaménagement de leur façade », précise Hakim Bettache. La plupart des commerçants ont donné leur accord. Cependant, pendant quelques semaines, les  propriétaires et locataires récalcitrants se sont rejetés la balle, mais un compromis a été trouvé. Un second cahier des charges a été envoyé aux responsables des terrasses, au nombre de 24, les enjoignant à revoir leurs horaires d’ouverture jusqu’à minuit et installer le Wi-Fi. Désormais, les tables et chaises en plastique seront interdites, ainsi que les publicités sur celles-ci ou sur les parasols. L’hygiène et le port de tenues réglementaires seront surveillés de près. Les commerçants ont eu jusqu’au 30 juin pour se conformer à la nouvelle réglementation, sans quoi, ils risquaient la fermeture pure et simple. Par ailleurs, quatre salles de cinéma ont été réhabilitées. Elles sont ouvertes jusqu’à minuit. « Tout le monde s’est rallié  à la cause », déclare le maire d’Alger-Centre, qui estime que les conditions de sécurité s’améliorant, rien ne peut plus freiner l’embellissement de la capitale.

Des réponses manuscrites aux lettres de réclamations des citoyens !

Qui l’eut cru ? Il répond quotidiennement au courrier émanant des réclamations de citoyens à la main. Du jamais vu ! Mais, Abdelhakim Bettache y croit dur comme fer que c’est le meilleur moyen de se rapprocher du citoyen et d’insuffler chez lui le sentiment de confiance. « C’est aussi valable pour les réclamations que pour les félicitations. Une manière d’encourager les gens à aller vers plus de réalisations, chacun dans son domaine. Je viens de terminer une sortie avec mes collaborateurs et je suis tombé sur une vitrine des plus jolies, ici même à quelques mètres du siège de l’APC. J’étais émerveillé. À peine arrivé j’ai donné instruction d’envoyer une lettre, signée par moi-même, en ma qualité de P/APC, félicitant le gérant du magasin et l’encourageant à faire davantage. Pour les lettres de réclamation, ce sera des réponses manuscrites aux citoyens pour mieux leur expliquer les choses et les éclairer sur certaines situations… C’est une manière pour nous de rapprocher les citoyens de l’administration et aussi mieux comprendre leurs doléances », nous a-t-il expliqué. En définitive, si le centre d’Alger connaît une métamorphose depuis l’installation du maire élu du MPA, ce n’est pas par hasard.

Ferhat Zafane.