Le coup de stater du tournage de la deuxième partie du film Amechhah vient d’être donné.
C’est le scénariste Mouhoubi Nabyl qui l’a déclaré : «La première partie fut une satisfaction totale. Elle a connu un franc succès même si par faute de moyens matériels et financiers nous avons fait appel à des acteurs amateurs et des figurants, n’ayant aucune expérience cinématographique. Moi-même je suis novice dans le domaine. Néanmoins, pour cette deuxième partie, j’ai sollicité quelques professionnels», a précisé notre interlocuteur. Dans la première partie, Mermouri Djedjiga, une handicapée, responsable de l’association des handicapés d’Ouzellaguen, a joué le rôle principal, aux côtés d’Aït Khelifa Makhlouf qui avait déjà fait ses preuves dans le théâtre amateur. Le film retrace la vie d’un paysan kabyle, du village de Tibouamouchine, dans le douar d’Amdoune n’Seddouk. Une vie de privations, marquée par une misère noire. Mais la roue tourna et son fils émigra en France. Celui-ci envoya de l’argent à ses parents, mais le père, un vrai radin, ne voulut pas améliorer les conditions de vie de sa famille, d’où le titre du film. Le paysan n’a pas trouvé mieux que de cacher, dans la cheminé la petite fortune qu’il s’est constituée, tout en interdisant à sa femme d’allumer le feu même en hiver. Un jour la bonne femme profitant de l’absence de son mari décida, de son propre chef, d’allumer le feu pour se réchauffer. Le drame eut lieu quand son époux rentra à la maison et constata les braises dans la cheminée. Le choc fut si brutal qu’il tomba de tout son long sur le sol. Les pompiers l’achemineront aux urgences de l’hôpital, mais le paysan ne put être sauvé. Tout le film est parsemé de scènes, toutes plus rocambolesques les unes que les autres, qui illustrent la radinerie du personnage. Le film est inspiré d’une histoire loufoque que les habitants de Seddouk se racontent depuis plusieurs générations. Il y est question d’un paysan pauvre qui possédait qu’une seule paire de sandales. De peur qu’elle ne s’use, il ne la mettait qu’à l’intérieur du village. Dehors, il l’enlevait pour marcher pieds nus. Un jour, son pied buta contre une grosse pierre et son orteil fut méchamment blessé. Mais la réaction du pauvre homme fut des plus inattendues, puisqu’il s’exclama : «Dieu merci, j’étais pieds nus, sinon ma paire de sandales aurait été bien endommagée !».
L. Beddar.

