Les dernières économies des familles fondent, au fur et à mesure que le huit septembre approche.
Après avoir passé le Ramadhan, l’Aïd et les diverses autres occasions telles que les fêtes familiales qui les ont » déplumés », les parents d’élèves s’apprêtent à cette autre saignée. En effet, selon des échos que nous recevons au quotidien au sujet des prix, des sacrifices sont attendus. A commencer par les vêtements. Si certains parents s’affairent autour des ballots de » chiffons » vendus quotidiennement au marché de la ville par les fripiers afin de faire l’affaire, ce n’est pas le cas pour les articles scolaires. Aussi, avons-nous appris, ces outils indispensables pour toute scolarité ne sont pas à la portée de tout le monde. A titre d’exemple, un registre 2 mains est à deux cents quarante dinars, un simple sac à dos est vendu entre mille deux cents et deux mille dinars. Du côté cahiers peu volumineux, l’unité a augmenté entre cinq et dix dinars. » Pas moins de dix mille dinars pour scolariser un enfant. Faites le compte si vous avez au moins un enfant par palier. Vraiment, c’est une saignée. Et dire que la prime de scolarité versée par nos employeurs est toujours fixée à huit cents dinars », nous dira un fonctionnaire qui travaille dans une administration publique dont le salaire ne dépasse pas les vingt-cinq mille dinars. Comme celui-ci, beaucoup de parents s’inquiètent déjà à ce sujet de la rentrée scolaire. Le prix du tablier, imposé par la réglementation en vigueur, varie entre huit cents et deux mille dinars. » Et puis là on n’a pas le choix. Il faut l’acheter à n’importe quel prix, sinon l’enfant sera renvoyé au plus tard une semaine après la rentrée », ajoutera le même interlocuteur. De leur part, les parents qui ont le droit à la prime de scolarité ont déjà les nerfs à fleur de peau à cause du retard qu’on met pour la distribuer. Ces trois mille dinars par enfant ne leur seront versés que quinze jours voire plus après la rentrée des classes.
» Pensez-vous qu’un père pourra s’acquitter de tous ces frais avec ces trois mille dinars? », nous interrogera l’un des bénéficiaires. Et d’ajouter: » cette prime ne pourra même pas suffire pour l’achat du trousseau des cahiers. Avec quoi allons-nous acheter les vêtements, le tablier, les chaussures? Je peux vous dire que le pauvre ne pourra plus scolariser ces enfants. C’est cher. Impossible de faire face à toutes ces dépenses quand vous avez trois ou quatre enfants « . Revenons aux habits. Pour les neufs, ce n’est pas vraiment un rush devant les étals. Les prix des vêtements sont inabordables. Un tee-shirt, par exemple, est proposé entre mille cinq cents dinars et deux mille cinq cents. Les pantalons pas moins de deux mille dinars. Les chaussures entre deux mille cinq cents et cinq mille dinars. L’animation est du côté dit » place de la fripe ». A ce niveau, chacun trouve ses comptes. « Il vaut mieux acheter ces habits déjà portés que ceux importés des pays asiatiques. D’abord, c’est de la qualité ensuite ils ne sont pas chers. Je crois que ceux qui ont voulu interdire la vente de ces vêtements ont tort », enchaînera un père de famille rencontré sur les lieux. Dans ce rayon, on ne voit pas seulement des parents démunis, mais aussi des cadres moyens de l’Etat. » Tout comme les autres, c’est ici que je trouve mes comptes. Avec dix mille dinars en poche, je vêtirai mes quatre enfants. Chacun essaie de se débrouiller pour dépasser cet autre rendez-vous. Les responsables du secteur doivent faire un effort pour assurer aux enfants un enseignement de qualité afin de leur garantir un avenir meilleur que celui de leurs parents », dira un autre père de famille.
Amar Ouramdane

