Le secteur sanitaire, tel que défini jusqu’à maintenant, est appelé à subir de nombreux changements, nous apprend Madjid Hemad, le directeur du secteur sanitaire de Aïn El Hammam, qui vient de terminer une réunion, la quatrième du genre, tenue avec son personnel, exerçant dans la région d’Aït Yahia.
Ainsi, la décentralisation sera perceptible à compter de l’année prochaine et verra le secteur sanitaire de Aïn El Hammam « éclaté » en trois structures autonomes. « Etablissement public hospitalier », nouvelle appellation de l’hôpital, prendra en charge les grands malades nécessitant une hospitalisation. Quant aux quatre sous-secteurs actuels, ils seront réunis en deux structures avec une autonomie totale. On parlera alors d’un « établissement public de proximité » à Iferhounène et d’un autre aux Ouacifs. Le premier se chargera de la partie Est dont le territoire s’étendra jusqu’à Illiltène alors que le second aura sous sa coupe le côté Ouest allant de Aïn El Hammam jusqu’aux Ouadhias.
Dotés d’autonomie en matière de budget ou de personnel, les deux établissements seront chargés de dispenser les soins de base de proximité, telles que les consultations de médecine générale, spécialisées et autres. Notre interlocuteur nous apprend, par ailleurs, qu’il a d’ores et déjà proposé deux médecins-chefs des sous-secteurs pour les postes de directeurs des deux futures structures. Quant à l’application du décret exécutif, elle devrait être effective dans un délai de six mois. N’est-ce pas un peu précipité quand on sait que les nouveaux directeurs auront besoin de tout un staff administratif pour gérer leurs établissements ? Même s’ils ont la liberté de recruter de jeunes universitaires, ils ne pourront se passer d’anciens expérimentés, particulièrement pour certains bureaux, tel « le service paie ».
Au chapitre « avantages » de cette décentralisation, nous relèverons entre autres le fait qu’elle déchargera l’hôpital de la moitié de ses structures et lui permettra, par conséquent, de prodiguer des soins de qualité aux malades hospitalisés. C’est le premier pas vers la contractualisation qui « mènera inéluctablement vers la privatisation », nous dira un praticien. « Les nouveaux établissements peuvent-ils être prêts, du point de vue humain et matériel, pour entamer leur mission dès le début de l’année prochaine ? », est l’une des questions qui taraude l’esprit du personnel. Ceux qui exercent dans les sous-secteurs attendent l’application du décret avec une certaine appréhension, sachant que de nombreux problèmes risquent de surgir, au début et ils devront y faire face. Autant de questions qui ne peuvent trouver de réponse qu’avec la réalité du terrain. Quant au directeur du secteur sanitaire, prié de nous donner son avis, il indiquera que « la nouvelle réforme soulagera la gestion comme elle permettra l’amélioration des prestations. Elle donnera aussi l’opportunité aux unités de soins de base de s’améliorer et de s’équiper avec leur propre budget ».
Nacer B.
